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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 12:15

 

Commençons cette réflexion par une comparaison.

 

Le froid, dont l'intensité fait chaque année bien des victimes, est surtout fatal aux voyageurs.

 

Engourdis par la rigueur de la température, les infortunés ne résistent que difficilement à la tentation de s'arrêter sur le bord du chemin. La monotonie des routes en des pays de vas­tes plaines contribue encore à les faire paraître plus longues. Ce sont des voies toutes droites, à perte de vue, bordées d'ar­bres également distancés, et dont aucun accident de terrain ne vient rompre l'uniformité.

 

« Ah ! Se dit le voyageur, j'ai déjà tant marché ! Et le terme est encore si éloigné de moi ! Le vent m'oppresse, mes jambes alourdies refusent tout service. Reprenons un instant haleine, reposons-nous !... »

 

Et il ne sait pas que c'est là une illusion fatale... Il cède ; et tandis qu'il savoure une sensation indéfinissable de bien-être, le sang épaissi se fige dans ses veines. Sa volonté faiblit; le sommeil arrive ; un attrait irrésistible l'enchaîne au pied de cet arbre auquel il vient de demander un appui. Et bien­tôt, c'en est fait ; il est gelé, les passants ne frôlent plus qu'un cadavre.

 

Qui ne croirait que le mal le plus à craindre pour des voya­geurs, c'est la fatigue, et que le remède le plus salutaire est le repos ? Pas du tout : «C'est la marche qui les sauve et c'est l'arrêt qui les perd.»

 

Tant qu'ils poursuivent leur route avec courage, luttant contre les obstacles extérieurs et plus encore contre leur fatale envie de s'asseoir, ils ne courent aucun péril. Dès qu'ils com­mencent à écouter la voix de la nature, effrayés des difficultés de l'entreprise, et à se laisser envahir par la lâcheté, l'ennui, le dégoût, leur perte est certaine.

 

Le danger pour eux, le su­prême danger, c'est le découragement.

 

C'est aussi le principal danger pour bien des personnes dans l'or­dre spirituel.

 

Comment le découragement naît-il en nous ? Le découragement peut avoir plusieurs causes ; toutefois, il  provient  presque toujours,   en   dernière  analyse,  d'une frayeur imaginaire, que le démon réussit à nous inspirer.

 

Tantôt on se dégoûte de ses exercices de piété, parce qu'on les trouve trop uniformes, trop monotones, et que les conso­lations intérieures font défaut.

 

L'esprit malin exagère cette difficulté que l'on éprouve à prier ; il persuade qu'on est in­capable de le bien faire. Qu'arrive-t-il ? On raccourcit ses priè­res, on néglige la visite au Saint-Sacrement ; les goûts mon­dains remplacent l'amour du bon Dieu; survient une occasion fâcheuse à laquelle on succombe : et voilà le découragement.

 

Tantôt on est assaillie par des tentations importunes. On a beau les chasser : elles reviennent à tout moment, et pro­voquent des inquiétudes de conscience, ou plutôt des scru­pules. On s'imagine faussement qu'on ne saurait résister aux attaques du démon, que la vertu est hérissée de diffi­cultés insurmontables, etc. Et voilà le découragement !

 

D'autres fois, c'est le respect humain qui fait peur, on se laisse détourner de ses pratiques pieuses par ceux qui ignorent le pourquoi le Bon Dieu nous a créée : « Il ne faut pas se singulariser ! Le bon Dieu ne demande pas tout cela !  Il suffit de faire comme tout le monde ! »

 

On écoute ces perfides conseils, et le démon en profite pour paralyser la volonté et faire trouver des difficultés nouvelles à l'accomplissement des exercices spiri­tuels qu'on a conservés. On s'attriste, on se chagrine, on se décourage.

 

Enfin, c'est trop souvent une chute soudaine et humiliante, qui inspire un dépit mêlé de désespoir. Rien ne serait compro­mis pourtant, si l'on avait la sagesse de se relever immédiate­ment et de se jeter dans le sein de. La divine miséricorde. Mais non : la honte fait verser plus de larmes que le repentir. Et toujours, on cède à la lâcheté naturelle, on croit à tort que tout est perdu ; on se décourage !

 

Que faire dans la tentation du découragement ?

 

 Lutter, lutter encore, lutter toujours. On n'est jamais vaincu dans ce combat que quand on dit : « Je suis vaincu. »

 

Mais les tentations sont si séduisantes, les occasions. sont si fortes ! L'esprit du mal me pénètre de toutes parts  et il me semble que je l'accueille malgré moi ... !    

 

En avant, quand même… ! Lorsque tout en vous dit oui,répondez encore non. Et continuez avec confiance. Ne vous troublez de rien : Dieu est avec vous.

 

   Mais je commets tant de fautes ! Il m'arrive si souvent de céder !

 

   Eh bien, faites comme l'enfant qui se relève après cha­que chute et court à sa mère. Relevez-vous courageusement, promptement.

 

Et puis, souvenez-vous que le voyageur doit recourir fré­quemment à ses provisions de route pour réparer ses forces. Vous devez avoir recours à votre Ange Gardien et à la Sainte Vierge Marie, toujours vierge.  Il faut méditer la Passion de N.S.J.C.  Avez-vous idée de tout ce qu’Il a enduré pour nous ?  Commencez par découvrir cela… ça va vous aider a avancer.

 

Jésus lui-même vous présente le remède ; car c'est main­tenant, et tous les jours, qu'il vous faut avoir recours a Lui, n’a-t-il pas dit :

 

«Venez à moi, vous tous qui souffrez et qui êtes ac­cablés, et je vous rendrai des forces !»

 

Sainte Catherine de Ricci, vierge.

Alexandrine de Ricci était fille d'un noble de Florence.

 

A treize ans elle entra dans le tiers ordre de Saint Domi­nique, au monastère de Prato, et prit en religion le nom de Catherine, en l'honneur de sainte Catherine de Sienne, sa pa­tronne. Son principal attrait était la passion de Notre-Seigneur à laquelle il lui fut donné de participer miraculeuse­ment. Catherine passa pendant douze ans tous les vendredis en extase, elle reçut les sacrés stigmates aux pieds et aux mains, la plaie au côté et la couronne d'épines. Ces faveurs firent de sa vie un continuel martyre et lui inspirèrent une tendre compassion pour les saintes âmes du purgatoire. Elle offrait pour leur soulagement toutes ses prières et toutes ses pénitences ; sa charité pour elles était si bien connue dans toute la Toscane que, de toutes parts, après un deuil de fa­mille, les parents du défunt accouraient à Florence pour le recommander aux prières de Catherine. Elle mourut en 1589.

 

Extrait de : LECTURES   MÉDITÉES.  (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

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