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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 00:17

L'ESPÉRANCE, Celle qui étonne Dieu…                             

« La foi, ça ne m'étonne pas, dit Dieu...

« La charité, dit Dieu, ça n'est pas étonnant...

« Mais l'espérance... voilà ce qui m'étonne  Moi-même.

« Ça, c'est étonnant » (Péguy).

L'espérance étonne Dieu, pourquoi ? Parce qu'elle est un des plus beaux hommages que tu puisses Lui offrir. Hommage de ta confiance.

Espérer, c'est attendre, c'est chercher, c'est professer que ce que tu possèdes, n'est pas tout; que tu as besoin d'autre chose, de l'Infini, de Dieu. Dans l'espérance il y a une affirmation con­stante de l'existence de Dieu et du besoin que j'ai de Lui pour m'achever. Dieu dit : « La foi que j'aime le mieux c'est l'espérance » (Péguy).

Hommage de ta fidélité. Il faut bien le dire, le jeu de la Providence dans les affaires de ce monde est parfois bien mystérieux. L'espérance pourtant nous maintient fidèles. Elle nous fait croire que « Dieu écrit droit sur des lignes penchées » et que tout ce qui nous paraît désaccord — et qui l'est peut-être à cause du péché, — se résoudra dans une merveilleuse harmonie finale. Et cela aussi, cette invincible fidélité, voilà ce qui plaît à Dieu et l'étonné. « Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se passe et qu'ils croient que demain ça ira mieux... J'en suis étonné moi-même » (Péguy).

Celle   qui fait marcher le monde.

« L'Espérance est une petite fille de rien du tout.

« C'est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.

« C'est elle, cette petite, qui entraîne tout...

« Et qui fait marcher tout le monde » (Péguy).

Le poète a raison. L'espérance est la source de tous nos progrès. C'est elle qui nous pousse en avant. Lors­qu'elle meurt dans une âme, c'est la fin de tout. « Le désespoir est un plongeon en soi » (V. Ghika), et même un plongeon dans le néant. Il équivaut à dire : « Je ne pourrai jamais, tout effort est vain, je ne veux plus vouloir ». C'est déserter, c'est s'avouer vaincu. Déses­poir! Seul péché en face duquel Dieu Lui-même semble désarmé!

Mais tant que la petite espérance brillera au fond de ton cœur, elle y fera des merveilles. C'est elle qui te jettera vers de nouveaux efforts après des échecs répétés; c'est elle qui te retirera, prodigue, de ton péché, pour te ramener à la maison du Père; c'est elle qui, après t'avoir fait prendre des résolutions, te les fera reprendre. Source intarissable d'élans toujours nouveaux, elle est bien capable de te conduire sur les cimes.

Celle qui donne déjà et qui promet encore.

L'espérance n'est pas simplement une prometteuse de beaux jours, elle est celle qui donne dès aujour­d'hui.

Elle n'est pas le trafiquant vulgaire que beaucoup s'imaginent et qui nous dirait : Travaille, souffre, plus tard tu recevras ton salaire. Elle est celle qui, par avance, nous donne le Dieu de notre joie et la joie de notre Dieu. Elle nous fixe telle­ment en Lui, que nous nous rions de toutes les tribu­lations qui nous assaillent.

On sait bien qu'il nous reste, Lui, quand tout s'écroule, et l'on jette un regard de défi au monde en disant avec saint Paul : « Qui me séparera de l'amour du Christ ? » L'espérance nous établit dans une sécurité totale, une paix qui surpasse tout sentiment. Elle nous rend supé­rieur à tous les accidents et nous garde debout parmi toutes les ruines.

Et ce bonheur de Dieu, qu'elle fait déjà nôtre aujour­d'hui, elle nous promet qu'il deviendra plénitude et éternité. Car « le chrétien est un homme qui commence et qui est assuré de ne jamais finir.» (François Mauriac).

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960)   Jean Le Presbytre

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