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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 12:36

LES ÉNIGMES DE LA VIE - Pourquoi mourir …

Oui, vivons ! Mais si grand que soit mon bonheur de vivre, je reste insatisfait ; car je m'approche chaque jour davantage d'une limite mystérieuse.

Malgré moi, je songe que ma vie aura un terme :je songe à la loi inexorable à laquelle personne n'a échappé jusqu'à ce jour et qui m'ordonne de disparaître sans que je puisse fixer le jour et l'heure de mon départ.

Après deux ou trois dizaines de milliers de journées, plus ou moins semblables à celle d'aujourd'hui, après que la terre aura tourné quelques fois autour du soleilje disparaîtrai comme je suis venu.

Sorti de l'ombre, je rentrerai dans l'ombre. Il fut un temps où je n'existais pas ; il en sera un autre où je ne serai plus(sur cette terre).

Avant moi, des milliards d'êtres ont circulé sur la planète « terre » ; ils ont marché, mangé, travaillé, ri, pleuré comme moi ; ils ont eu leurs maux de dents, leurs illusions, leurs cauchemars, leurs déceptions.

Une immense foule anonyme est ainsi née, a vécu et est morte sans laisser la moindre trace, pas même dans la mémoire des hommes.

Tout ce passé est retombé dans l'oubli ; plus rien ne bouge de ces guerriers romains, de ces peuples francs, de ces armées de croi­sés, de ces joyeuses cavalcades du moyen âge, de ces riches cara­vanes de marchands du 16e siècle, de ces soldats de Napoléon, de tous ceux dont on parle dans les livres d'histoire...

Cela a bougé ; cela ne bouge plus.

C'est étrange !

Et tout ce qui me remue aujourd’hui se  figera un jour dans une dernière attitude,  puis tombera en poussière et disparaîtra. C'est tragique !

Après moi, d'autres générations se succéderont ; elles n'existent pas encore et cependant elles défileront, un jour, sur la terre ; les rues de nos villes, les quais des ports, les lieux de villégia­ture, les trains, tout sera encombré d'une foule innombrable, joy­euse ou inquiète, et je ne serai pas là pour la regarder passer !

Et ils ne sauront même pas que j'ai existé !

Quelle aventure! Leur indifférence me vexe, moi qui... moi dont...

En attendant, je suis là, dans ce moment présent, remuant avec mon imagination le passé et l'avenir, tel un rameur, assis dans une frêle embarcation, et qui frappe de part et d'autre, l'onde aux profondeurs mystérieuses.

Je suis là, emporté par le courant de la vie, sachant qu'un jour ma barque chavirera elle aussi, et que je rejoindrai, dans les remous du passé, la foule de ceux qui m'ont précédé et qui ne sont plus.

Et, cependant, je sens combien cette issue fatale qu'est la mort est en flagrante contradiction avec l'aspiration profonde qui m'at­tache à la vie.

Dès lors, pourquoi mourir?...

«C'est bien peu de chose que l'homme et tout ce qui a fin est peu de chose ... Ma vie est de 80 ans tout au plus ; prenons-en cent : qu'il y a eu de temps où je n'étais pas ; qu'il y en a où je ne serai point ! et Que j'occupe peu de place dans ce grand abîme du temps ! Je ne suis rien ; ce petit intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant où il faut que j'aille. » (Bossuet)

Je résiste à qui veut me renverser et voilà que, demain, réduit en cendres, je tiendrai dans le creux de la main d'un enfant !

Chaque jour, 200.000 personnes environ — des êtres comme moi, en chair et en os, ayant comme moi, une pensée, des affec­tions, des désirs, des craintes —200.000 personnes cessent de se mouvoir et l'on s'empresse de les enlever de la circulation.

8.000 personnes à l'heure, 130 à la minute...

Qu'une bombe atomique coûte la vie à 150.000 personnes, nous en sommes atterrés... C'est cependant le nombre d'êtres humains qui disparaissent chaque jour, même en temps de paix...

Dans cette hécatombe, je figurerai un jour... Pourquoi cette échéance, alors que j'aspire à vivre ? Pourquoi?

Et puis, la mort est-elle l'anéantissement complet de mon être ? Met-elle réellement un terme à mon existence ? Oui ou non ? Di­lemme angoissant dont je dois choisir un des termes.

« Je trouve bon Qu'on n'approfondisse pas l'opinion de Copernic : mais ceci !... Il importe à toute la vie de savoir si l'âme est mortelle ou immortelle. » (Pascal)

Le premier septembre 1926, on réveille, au petit matin, le condamné Passerache pour le conduire à la guillotine : « On m'exécute ? Mais alors, où vais-je aller maintenant ? »

Mais ne me reste-il pas la possibilité d'oublier la mort et de me cantonner dans la tranche de vie qui m'est accordée avant ce ter­me fatal ?

« Les hommes, n'ayant pu guérir la mort, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser. C'est tout ce qu'ils ont pu inventer pour se consoler ! »  (Pascal)

Hélas non ; car un nouveau problème vient troubler mon repos.

(A suivre)

Extrait de : La Solution du Problème de la Vie.  (F. Lelotte  S.J.)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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