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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 18:39

    

Parce qu'il représentait l'humanité devant son Père, c'est devant celui-ci surtout que, durant sa passion, le Christ devait être humilié : « Il s'est humilie lui-même se faisant obéissant « (Phil., 2, 8), il en avait reçu l'ordre et il l'accomplit en sa vie entière, mais spécialement : 1° A Gethsémani, 2° Au Calvaire,

A Gethsémani. — Répondant de l'humanité, il paraît devant son Père, chargé de toutes les iniquités du monde. C'est sa première humiliation, lui « le Fils des complaisances », d'être comme « le péché » aux pieds du Dieu saint : « Lui qui ne connaissait pas le péché, il l'a fait devenir péché pour nous. » (2 Cor., 5, 21). Il sait le dégoût, la répulsion de son Père en présence des crimes humains, et de la chair et de l'esprit ; il les représente, bouc émissaire du peuple. Aussi, il est lui-même rempli, d'amertume.

Seconde humiliation, l'affolement, pour ainsi dire, de son intelligence. Le calice à boire est si douloureux qu'il en demande l'éloignement, mais apparemment sans savoir, « si c'est possible » ; il semble ignorer si c'est possible, lui, qui disait : « Mon Père et moi nous sommes un. »

Troisième humiliation, l'hésitation de sa volonté, il a peur des supplices, de la mort qu'il entrevoit, à ce point que, s'y résignant, il en sue du sang.

Quatrième humiliation, le silence de son Père en écho à sa triple supplication, « si c'est possible, que ce calice s'éloigne de moi ! » ; rien ne lui répond, et pourtant, naguère, il s'écriait heureux : « Père je savais bien que vous m'exau­cez toujours ! » (Joan., 11, 42). Tout est changé, il n'est plus maintenant qu'une pauvre victime qui va être immolée. Il se sent mourir, « mon âme est triste jusqu'à la mort ». Effondré devant son Père, ayant touché le fond de l'abîme, il avoue n'en plus pouvoir : «Mon cœur m'a­bandonne » (Ps., 39, 13).

O Jésus, tant humilié à Gethsémani, n'agonisez-vous pas dans bien des cœurs, en bien des tabernacles, ici et là dans l'abandon et le mépris. Je m'attendris sur vos dou­leurs et j'y veux compatir par un amour plus attentif, fidèle et généreux.

Au Calvaire. — C'est bien là l'extrême humiliation. Tout fait naufrage autour de lui ; les méchants triomphent, ils insultent à sa personnalité humaine, à son sacerdoce, à sa royauté, ils narguent sa divinité : « Si tu es le Fils de Dieu, descends maintenant de la croix. » Aurait-il pu donner plus -au salut des âmes, à la gloire de son Père ? Son consummatuni est affirmera que c'était impossible. Il semblait dès lors, qu'à ce moment du suprême sacrifice, le ciel eût dû lui sourire et l'encourager. Il n'en est rien. Que se passe-t-il d'effrayant en son âme ? C'est un mystère, ce dût être inexprimable. Tout à l'heure au Jardin des Oliviers il avait encore appelé Dieu, son Père, maintenant sur la croix il n'ose plus et de sa poitrine haletante sort ce cri poignant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?» Il a comme la sensation que son Père l'abandonne, qu'il n'est plus son Fils, et il lui dit : mon Dieu !

O Jésus, l'indicible supplice, la formidable humiliation : être délaissé par Dieu ! C'est l'impression horrible du damné, qui, toute l'éternité, en est au désespoir. Vous n'avez pas désespéré, mais que vous avez souffert ! Qu'est-ce qui m'attend au moment de ma mort ? ? ?

Ayez pitié de moi, Sauveur adorable : « Soyez mon soutien, ne m'abandonnez pas ! » (Ps., 26, 9). Je vous le dis pour aujourd'hui, je vous le dis pour l'heure suprême.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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