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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 18:14

Jésus commença à être attristé et affligé…

Cette grande semaine gravite autour du Calvaire. Méditons-y la Passion. Antithèse du péché, comme celui-ci est orgueil, elle sera humiliation. Le Christ fut humilié par les forces aveugles, par les hommes, par son Père. : Arrêtons-nous 'aujourd'hui à la- première humiliation. Il y a : 1° Ce qui est hors du Christ, 2° Ce qui tient au Christ.

1° Ce qui est hors du Christ. — Au cours de sa pré­dication il s'était montré supérieur aux éléments, il les domptait. Nous l'avons vu sur le lac en tempête : « Il commanda aux vents et à la mer et il se fit un grand calme. » (Matt., 8, 26). Devant un figuier qui lui refuse des fruits, il le maudit et l'arbre dessèche.

A l'heure de sa Passion il ne domine plus rien, il est dominé par tout. Les coups que lui assènent les brutes qui l'arrêtent le meurtrissent, les cordes qui l'attachent ensanglantent ses bras, le bois de la croix lui est lourd, il chancelle sous son poids, les clous qui le fixent sur son gibet d'infamie lui brisent les os, lui froissent les nerfs.

Aveugles, les choses obéissent quand même à une volonté supérieure, mystérieuse, qui leur a imposé des lois, et dont elles sont les agents inconscients. Souvent elles nous brisent nous-mêmes et nous font souffrir. Nous ne sommes pas plus forts qu'elles. Du haut d'un rocher au pied duquel nous nous sommes assis, une pierre peut tomber et nous tuer. Tenons-nous petits devant les desseins de­ là Providence. Les éléments sont à son service. Utilisons les, défendons-nous parfois contre eux, inclinons-nous toujours devant l'impossible, en esprit de soumission à Dieu.

O Jésus, je ne puis, comme vous, calmer la tempête ; je puis comme vous accepter humblement d'être le plus faible devant elle. Je le veux bien par amour pour vous. Fatigues, maladies, épreuves physiques... Fiat !

2° Ce qui tient au Christ. — C'est son corps adorable» plus qu'aucun autre corps humain, « temple du Saint-Esprit (1 Cor., 6, 19). Or, Jésus avait été prophétisé comme « le Fort ». Il ne l'est plus. A Gethsémani il tremble, il chancelle, il pleure, il sue du sang, ses forces l'aban­donnent. Il est flagellé, sa chair part en lambeaux sous les coups des fouets qui le laissent tout déchiqueté. Il est couronné d'épines, son front en est transpercé, la douleur est affreuse. Tant il est frappé, bousculé, maltraité, qu'il réalise à la lettre le vermis et non homo il est comme un ver et non un homme, et se vérifie l'annonce : « Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils ont compté tous mes os. » (Ps., 21, 17).

Il a été annoncé comme « le plus beau des enfants des hommes », il est maintenant   hideux à voir : « Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête il n'y a plus rien de sain en lui. » (Isai, 1, 6). Son pauvre corps délicat n'est plus que « blessures, meurtrissures, plaies purulentes. » (Ibid.). Au moment où, avant de le crucifier, on lui enlève sa tunique, collée qu'elle était à ses plaies, on doit la lui arracher violemment,  et il ressemble à un écorché vif. Au milieu de ses tortures indicibles et innombrables, il se tient silencieux,  confus,  brisé et broyé   moralement autant que physiquement. Ainsi il expie les sensualités, les impudicités humaines, les jouissances brutales, l'or­gueil de la chair qui, au début de la création avait com­me dégoûté Dieu d'avoir fait l'homme, qu'il châtia par le déluge, par le feu du ciel, sans réussir à le corriger. O Jésus, le spectacle est poignant de vos humiliations par les forces aveugles. J'entends saint Bernard et je  le comprends : « Qu'il rougisse le chrétien d'être un membre délicat sous un chef couronné d'épines ». J'ai ma part à apporter d'immolations corporelles. Par votre grâce, et pour votre amour, je vous la donnerai.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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