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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:41

CE QU'EST LA PRIÈRE…

La prière est une élévation de notre âme vers Dieu pour lui ren­dre nos hommages, le remercier de ses bienfaits, lui exposer nos besoins et lui demander ses grâces. Il faut bien comprendre le sens de chacune de ces paroles.

D'abord la prière est une élévation de notre âme vers Dieu, un élan de notre cœur vers l'Être souverainement bon et infiniment parfait.

Strictement notre âme n'a pas besoin d'aller loin pour trouver Dieu puisque Dieu est partout et que nous sommes plongés dans l'essence divine comme le poisson dans la mer.   Dieu remplit tout l'univers de sa gloire ; tout est pénétré de sa substance, y nage dans cet océan et respire cette atmosphère infinie dans laquelle la vie ne serait pas possible… Dieu est partout, dans les vallées comme sur les hauteurs, sur la terre et dans les cieux, avec la même gloire essentielle. " Seigneur, disait le Prophète, où irai-je ?  pour me dérober à votre regard ? Si je monte vers les cieux, je vous y trouve ; si je descends au plus profond des enfers, vous y êtes  encore ; si je prends des ailes pour aller aux extrémités de l'Océan, c'est votre main qui me conduit et me protège. " (Ps. 138.)

Mais, depuis la chute originelle, l'âme de l'homme a été com­me enveloppée d'épais nuages et assujettie à tous les désirs, à toutes les convoitises d'une nature dégradée. Les objets exté­rieurs l'attirent, la sollicitent et s'en disputent la possession; la dissipation du monde, les distractions du siècle l'arrêtent dans son essor, l'empêchent de vivre de cette vie divine qui est le but de sa céleste origine. Lorsque cette âme, courbée sous le faix des choses terrestres, veut s'unir à son Dieu, elle est obligée de faire un effort sur elle-même et de secouer ses chaînes ; elle doit s'élever au dessus des créatures afin de les dominer et de s'unir intimement à Celui dont elle a entrevu la beauté souveraine.

La prière est la première de nos grandeurs. Par elle l'homme s'élève jusqu'au ciel : « Il monte jusqu'à Dieu. » La prière, c'est le vol de l'âme vers Dieu ; c'est l'élan du cœur, fatigué des secousses de la vie, qui cherche dans des régions supérieures à ce monde le lieu de son repos ; c'est la faim divine d'un être qui ne trouve aucun aliment sur la terre, le retour de la colombe qui ne sait où mettre le pied et vient demander un abri à l'arche d'où elle est partie.

La prière est la fonction la plus noble, la plus glorieuse que l'homme puisse exercer sur la terre, elle le met en rapport d'in­timité et de faveur exceptionnelle avec tout ce qu'il y a de vrai, de beau, de saint dans l'abîme des perfections infinies ; elle le rend participant de la nature divine, de la vertu du Très Haut, de son amitié, de ses plus tendres épanchements. La prière, c'est Dieu versé en nous, selon la belle pensée de saint Augustin.

Dans les siècles où l'on croyait à l'autorité, où l'on avait pour elle ce culte de respect et d'amour qui était encore la meilleure garantie de l'ordre et du bonheur social, l'histoire nous apprend que les familles les plus riches et les plus puissantes d'un vaste empire étaient au comble de leurs espérances, lorsque leurs enfants pouvaient être admis à la cour, pour y séjourner et servir la famille des princes ; on estimait cette vie la plus honorable et cette faveur était la plus grande que pouvaient ambitionner les classes privilégiées.

Mais Dieu nous fait un honneur plus grand lorsqu'il permet à de pauvres créatures de paraître en sa présence, d'y demeurer toujours, de converser familièrement avec lui et de vivre à sa cour comme les membres de sa famille.

Et cette faveur insigne, Dieu l'accorde à toutes les âmes de bonne volonté. Il n'y a point pour lui de castes privilégiées, ou du moins chacun peut très facilement acquérir les titres de no­blesse qui donnent un droit d'entrée ; ces titres, à la portée de tous, sont la confiance de l'enfant qui aime et la droiture du cœur. Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet : " Dans le ciel, il n'y a  pas d'antichambre où se tiennent des soldats pour nous repousser et nous imposer les nombreuses et fatigantes cérémonies de l'éti­quette. Il n'est pas de garde pour nous dire : l'heure de la récep­tion n'est pas encore arrivée ; vous reviendrez plus tard." Ici pas de garde imposante ; point d'étiquette ; ici, les pauvres, les petits, tous ceux que le monde dédaigne et repoussent, peuvent entrer.

Dans ce monde nous regardons comme un grand honneur de parler aux puissances et d'avoir l'oreille   des  rois, mais  quel honneur incomparablement plus grand n'avons-nous pas dans la prière où nous parlons, non pas à une puissance caduque, mais à une puissance éternelle et où nous sommes écoutés avec com­plaisance non pas d'un roi mortel mais du Roi immortel à qui tout obéit au ciel, sur la terre et jusqu'au fond des enfers ! "Qui ne sera pas frappé d'étonnement et d'admiration", dit saint Jean   Chrysostome, à la vue d'une si grande bonté de notre Dieu envers  nous qui le porte à faire à des mortels l'honneur d'entrer en conversation avec lui et de nous permettre de déposer nos vœux au pied de son trône ?

Nous devons donc comprendre l'honneur que Dieu nous fait en nous permettant de l'approcher par la prière. Les anges s'es­timent trop heureux de posséder ce glorieux privilège. Quand on leur demande leur nom, ils répondent : " Je suis une des sen­tinelles du trône de Dieu et toujours je demeure en sa présence. " (saint Luc, 1, 19) Le chrétien quand on lui demande son nom, devrait aussi être en mesure de répondre par la beauté de sa vie et l'habitude de ses relations divines: "Je suis un de ceux qui, mal­gré les ombres ténébreuses de la terre, aiment à se tenir en la pré­sence de Dieu, qui demeurent unis à Celui qu'ils chérissent, et cette vue, cette union sont la gloire et le bonheur de ma vie "

On a. remarqué que certains oiseaux, quand ils veulent célé­brer à leur manière les louanges de Dieu, prennent leur essor, s'élèvent sur leurs ailes, montent avec des cris de joie ; parvenus au terme de leur course, ils s'arrêtent quelques instants comme pour respirer un air plus pur ; et, dans ce moment de jouissances, ils entonnent leur plus beau cantique ; puis, con­tents et joyeux d'avoir payé le tribut de la reconnaissance an Souverain Auteur de toutes choses, ils s'abattent doucement vers, la terre où la main de Dieu les a placés.

L'homme ici-bas doit imiter le vol de l'oiseau ; il doit élever doucement son âme sur les ailes de la miséricorde divine. Arrivé à ces régions où le cœur oublie le monde et voit de nouveaux cieux et de nouvelles terres, il doit demeurer quelque temps dans un saint repos, réunir les forces de son esprit et de son cœur pour redire des hymnes de reconnaissance et d'amour. Puis il descen­dra au milieu de ses frères afin de les aimer et de remplir ses devoirs.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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