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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 15:38

TRAITÉ SUR LE PAPE ET SUR LE CONCILE… (2-3)              

Œuvre de Saint Alphonse de Liguori  Docteur de l’Église

L'infail­libilité du Pontife Romain et de sa supériorité sur le Concile, notre Saint Docteur se prononce d'une manière formelle sur l'une et l'autre de ces deux questions fonda­mentales.

Quant à la première, il présente invariablement la pré­rogative de l'infaillibilité pontificale comme une vérité de foi divine, c'est-à-dire comme manifestement appuyée sur la révélation, nomme réellement contenue dans la parole révélée, soit écrite, soit traditionnelle. Il affirme expressé­ment que son opinion, qui est « le sentiment commun, » comme il l'appelle lui-même, « touche tout au moins à la foi » tandis que l'opinion contraire « paraît tout à, fait erronée et touchant à l'hérésie ».

Et ailleurs il déclare qu'il tient son opinion pour certaine.  Il dit aussi : « Lorsque le Pape parle comme docteur universel définissant ex cathe­dra, c'est-à-dire en vertu du pouvoir suprême transmis à Pierre d'enseigner l'Eglise, nous disons qu'il est absolument infaillible dans la décision des controverses relatives à la foi et aux mœurs; » puis, citant Suarez, il ajoute : « Tel est actuellement l'enseignement de tous les docteurs catho­liques, et je tiens que c'est là un point de foi certain;... le commun consentement de l'Eglise est si constant, et l'opinion des écrivains catholiques si unanime au sujet de cette vérité, qu'il n'est nullement permis de la révoquer en doute. » Et notons ici que le Saint Auteur s'est exprimé dans un langage aussi catégorique, au cœur même du royaume de Naples, à une époque où le gouvernement de ce pays n'était que trop engoué des idées contraires, incar­nées dans le Jansénisme et le Fébronianisme dont il était le complaisant fauteur.

Cette doctrine, si nettement formulée, a été ratifiée par le Concile du Vatican et élevée à la hauteur d'un dogme défini, comme le constate la définition dogmatique de 1870.

Quant à la seconde question, notre Saint n'est ni moins explicite, ni moins précis : Ji L'opinion, dit-il, à laquelle nous adhérons, tient qu'un Pape non douteux est toujours au-dessus du Concile ou de toutes les Eglises, même prises collectivement. « Et ailleurs il représente cette opinion comme étant la plus commune. Enfin, il conclut en affir­mant qu'elle est plutôt celle de toute l'Eglise que la sienne propre.

Ici encore le Concile du Vatican a donné gain de cause à notre Saint Docteur et confirmé sa doctrine par des déci­sions irréfragables. Il est donc réalisé ce vœu que nous avions exprimé de voir le Concile œcuménique imprimer le sceau d'ure définition dogmatique aux glorieuses prérogatives de l'infaillibilité pontificale et en finir avec toutes les arguties de certains néo-chrétiens et les ingénieuses échappatoires du gallicanisme désormais enterré.

Sentiments de Saint Alphonse. — Une chose digne de remarque, c'est que tous les Saints se sont distingués par une obéissance exceptionnelle, une vénération toute spéciale pour le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre ; nous oserons même affirmer que le degré de leur sainteté est en raison du degré de leur dévouement. Aussi le savant pape Benoît XIV, dans son célèbre ouvrage De la Béatification des Serviteurs de Dieu et de la Canonisation des Bienheureux, compte-t-il parmi les signes sur lesquels on peut fonder un jugement solide touchant l'héroïsme de la foi, cette obéissance et cette soumission spéciales envers le Souverain Pontife. Or, on peut dire que Saint Alphonse était animé de ces sentiments portés à leur suprême degré, et que, sous ce rapport, il s'est même distingué parmi les autres Saints. C'est ce que constate le procès de sa Béatification : Tous les Saints, y lisons-nous, ont professé une grande vénération pour le Souverain Pon­tife ; cependant, de même que les astres diffèrent entre eux par leur éclat, ainsi le saint prélat Alphonse-Marie de Liguori brille, sous ce rapport, d'un éclat particulier parmi les autres Saints.

Aussi attachait-il une importance capitale à tout ce qui se rapporte à l'autorité du Pontife Romain. C'est ce qui lui fit entreprendre, en dépit de ses infirmités et de son grand âge, les différents écrits qui composent le volume que nous publions ; et, comme nous l'avons fait remarquer, il s'y pro­nonce d'une manière catégorique, sans assigner de limite à la puissance du Pontife Romain dans sa primauté d'hon­neur et de juridiction. De plus, non content d'avoir traité les plus importantes questions sur l'autorité pontificale dans des écrits spéciaux de polémique religieuse, il ne craint pas de se détourner de sa route dans la marche régulière de sa Théologie Morale, comme il le dit lui-même, en y insérant une dissertation purement dogmatique; et il allègue pour motif, que c'est l'importance de cette question « si célébre et si vivement agitée de nos jours, » qui l'a déterminé à cette combinaison apparemment irrégulière. Et combien de fois ne répète-t-il pas sous différentes formes cette idée fon­damentale et essentiellement vraie, que, sans un juge infailli­ble, il n'y a plus d'unité de foi possible dans l'Eglise, et que par conséquent sans lui l'œuvre du Sauveur serait fatale­ment compromise et même vouée à une ruine inévitable !

Mais, à un point de vue plus large, Saint Alphonse, comme le remarque un de ses biographes, « défendait avec d'autant plus de zèle l'autorité pontificale, qu'il savait qu'elle est la seule qui s'oppose aux erreurs que l'on cherche à répandre sur le dogme, la morale, le droit canonique et civil, l'histoire ecclésiastique et profane, la philosophie, la politique, la médecine, etc. » Or, l'autorité pontificale est la seule qui comprime et arrête sûrement le flot de ces erreurs, comme on peut le voir par tous les décrets qui émanes du Saint-Siège, par l'Index des ouvrages prohibés, par les allocutions consistoriales, en un mot, par tous les docu­ments pontificaux qui donnent au monde les plus solennelles leçons.

Animé de ces sentiments, Saint Alphonse « ne trouvait aucun repos et ne pouvait contenir son indignation, quand il apprenait qu'on attaquait ou qu'on révoquait en douce l'autorité du Pape sur le Concile et son infaillibilité en matière de foi. Au contraire, il ne se possédait point de joie, quand il voyait que d'autres partageaient ses sentiments sur ce point : Otez au Pape, disait-il, sa qualité de juge suprême pour décider les controverses, et la foi est perdue. Ce juge manque chez les hérétiques; aussi ne trouve-t-on parmi eux que confusion et dissentiment, parce que chacun se donne à lui-même la qualité de Juge.

 Après Dieu, disait-il encore, à l'occasion de la mort de Clément XIII, nous n'avons que le Pape ; sans lui, dans quelle confusion ne serions-nous pas ? C'est le Pape qui nous fait connaître la volonté de Dieu, et qui met la paix dans nos con­sciences.  » Dans la Dédicace de sa Théologie Morale, il appelle le Pape « le Prince suprême de la Théologie, le Modérateur de l'Eglise, le Conservateur et le Vengeur de la vérité divine, le seul Juge des controverses ; » et dans son Homo Apostolicus, il le proclame - le Docteur universel de l'Eglise, l'Interprète suprême de la volonté divine; enfin, il le nomme « le Fondement, la Règle, le Docteur et le Défenseur de !a Foi. »

Ces titres magnifiques révèlent toute la pensée et tous les sentiments de Saint Alphonse sur la personne et l'autorité du Vicaire de Jésus-Christ en ce monde. Ces sentiments, il a voulu les faire partager à tous les membres de sa famille spirituelle, auxquels il ne cessait de les inculquer; et pour les perpétuer en quelque sorte parmi eux, il a établi comme une règle inviolable dans son Institut, qu'un jour de chaque semaine, on appliquerait « toutes les prières, communions, mortifications, travaux et occupations, pour l'exaltation de la Sainte Eglise et pour le Souverain Pontife. 

On conçoit, après cela, que la trop fameuse Déclaration de 1682 dût être pour lui » comme une épine qui lui perçait le cœur, » d'après l'expression des historiens de sa Vie. Aussi prit-il à coeur de la réfuter ex professa, parce qu'il s'était convaincu que la plus forte opposition que l'on fit, de son temps, à l'infaillibilité pontificale, était basée sur les quatre Articles de la Décla­ration. — Et dès qu'il apprit la publication du livre pernicieux de Fébronius, il ne trouva plus de repos, comme nous le lisons dans les Actes de sa Béatification, qu'il n'eût donné la réfutation de cet insidieux ennemi des prérogatives du Pontife Romain.

Au moment de livrer à l'impression son grand ouvrage intitulé : Triomphe de l'Eglise ou Histoire et Réfutation des Hérésies, il reçut quelques observations du réviseur ecclésiastique touchant sa doctrine sur l'infaillibilité pon­tificale. Le Saint lui répondit : Il y a un temps pour parler et un temps pour obéir : Tempus loquendi et teinpus obediendi. On peut, si l'on veut, changer certaines réflexions auxquelles je ne tiens pas; mais s'il s'agit de la puissance suprême du Pape, je suis prêt à donner ma vie pour la défendre : ôtez cette puissance, et je ne crains pas de dire que l'autorité de l'Eglise est anéantie. Cette dernière phrase suffit à caractériser l'esprit de Saint Alphonse au sujet de l'autorité pontificale, qu'il proteste vouloir défendre jusqu'à l'effusion de son sang. Cette sublime parole est également consignée dans les Actes de sa Canonisation.

Notre Saint s'est donc acquis un titre spécial de gloire par son dévouement envers le Siège Apostolique, il est le premier parmi les saints honorés sur les autels, qui ait défendu solidement l'infaillibilité du Sou­verain Pontife dans la définition des questions de foi, indé­pendamment du consentement de l'Eglise, ainsi que sa supériorité sur la Concile œcuménique, et qui ait vengé ces deux vérités des mensonges et des sophismes contemporains. En un mot, nous pouvons dire, en poursuivant cette citation, que Saint Alphonse a été au-delà de cette vénération et de cette soumission héroïque qui sont com­munes aux autres Saints, quand il s'agit des décrets et des ordres du Pontife Romain.

Nous pourrions ajouter ici quelques réflexions touchant l'autorité avec laquelle Saint Alphonse a traité ces matières, autorité basée sur une science vaste et solide, sur une éminente sainteté, sur l'approbation spéciale de l'Eglise et les plus honorables suffrages des Souverains Pontifes.  

Voici en pour résumer les paroles d'un savant canoniste moderne, parlant précisément des écrits qui font l'objet de ce volume : « L'autorité de Saint Alphonse, dit le docteur Bouix, est immense et décisive, à cause des arguments qu'il fait valoir, à cause de la sainteté qui a brillé en lui, à cause du juge­ment porté par le Siège Apostolique sur les écrits dont nous parlons.

 Ces paroles concises mais bien significatives sont confirmées par un témoignage encore plus éclatant, emprunté à la Bulle de Canonisation du Saint, publiée sous Grégoire XVI, le 26 mai 1839 : Saint Alphonse, y lisons-nous, a écrit plu­sieurs ouvrages pour soutenir les droits de ce Saint-Siège Apostolique; on y admire une vigueur extraordinaire, une science étendue et variée, des preuves éclatantes de son zèle sacerdotal et un rare dévouement pour la religion.

D'où l'on est en droit de conclure avec un écrivain moderne et distingué de la Compagnie de Jésus, que le témoignage de Saint Alphonse en ces matières est très-grave et en ren­ferme bien d'autres, parce que c'est celui du plus saint, du plus modéré, du plus savant, du plus autorisé des Docteurs que Dieu ait donnés à son Eglise dans ces derniers siècle.  Ces fortes paroles acquièrent un surcroît de valeur depuis que, par sa sentence solennelle et irrévocable, le Siège Apostolique a élevé notre pieux Auteur au rang sublime et exceptionnel de Docteur de l'Eglise universelle.

NDLR : S.S. PAUL VI est  en 2917, le véritable vicaire du Christ,  les autres ne sont que des imposteurs.  La Vérité restera toujours la Vérité.  Ave Maria.

Extrait de : ŒUVRES COMPLÈTES de St-Alphonse de Liguori.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

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