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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 17:31

TRAITÉ SUR LE PAPE ET SUR LE CONCILE… (1-3)              

Saint Alphonse de Liguori  Docteur de l’Église

Ce neuvième et dernier volume des Œuvras dogmatiques de Saint Alphonse se rapporte tout entier à une des question les plus vitales du christianisme : le pouvoir pontifical. Cette question est doublement importante depuis les suprêmes décisions du Concile du Vatican et les ardentes polémiques qui les ont précédées. Pour en bien saisir toute la portée, il importe de présenter quelques réflexions sommaires et sur le sujet, et sur l'auteur, et sur l'ouvrage, d'autant plus que ces traités constituent une des gloires les plus saillantes de notre Saint Docteur.

Les questions qui concernent le Pape sont toujours fondamentales, toujours actuelles, parce qu'elles ont une importance intrinsèque dans tous les âges du monde. En effet, l'infaillibilité du Pape, par exemple, n'est pas tant la prérogative d'un homme que celle de l'Eglise, et à l'instar de la fameuse parole d'un potentat : « L'Etat, c'est moi, » on peut dire dans une certaine proportion que « l'Eglise, c'est le Pape, » qui en est tout à la fois la tête et le fondement. Saint François de Sales l'a dit dans ces courtes mais expressives paroles:   «  Le Pape et l'Eglise, c'est tout un.» Et c'est là une vérité manifeste, attendu que sans le Pape, il n'y a point de corps épiscopal ou d'Eglise enseignante, non plus qu'il n'y a de collège apostolique sans Pierre.

Aussi le saint évêque de Genève s'est-il adressé en ces termes au Souverain Pontife : « Vous êtes le cœur et le soleil de tout l'état ecclésiastique. » voilà, certes, deux mots bien significatifs. — Bien plus, on peut même dire que « l'Etat, c'est le Pape ;  car, selon la remarque des éditeurs de De Maistre, on ne considère pas assez « l’influence exercée par le Souverain Pontife sur la formation et le maintien de l'ordre social, comme aussi l'importance de ce même pou­voir pour rétablir  la civilisation sur les  véritables  bases, aujourd'hui qu'un génie malfaisant  les a brisées ou dépla­cées... 

La nécessité de son action est si sensible, que tout esprit droit et religieux se voit entraîné à cette conclusion : «Sans le Pape, il n'y a plus de christianisme, et, par une suite inévitable,  l'ordre social est blessé au cœurEn effet, peut-on contester la nécessité d'un chef suprême et infaillible, non-seulement pour maintenir dans l'Eglise l'unité de croyance, mais encore pour déterminer toutes ces ques­tions modernes qui, même abstraction faite  de  leur côté religieux, ont de si graves conséquences dans la pratique? Et cette réflexion trouva-t-elle jamais plus d'à-propos que de nos jours, où nous subissons les conséquences du ter­rible cataclysme qui a ébranlé l'Europe a la fin du siècle dernier, et qui a légué à la génération présente le triste héritage des idées modernes, en faussant avec elles et par elles les vraies notions sur les relations de l'Eglise et de l'Etat, et sur la liberté envisagée dans ses  applications multiples.

Ajoutons qu'aujourd'hui l'erreur ne consiste plus dans la négation isolée d'un dogme ou d'une vérité chrétienne, mais dans la négation générale de toute certitude en matière de foi, négation assez mal déguisée sous les noms trompeurs de rationalisme, de naturalisme, de matérialisme, de liberté de penser et même de libéralisme.

Or, quelle digue plus puissante peut-on opposer à ce flot envahissant d'idées antirationnelles, antichrétiennes et antisociales, que l'ensei­gnement infaillible du VRAI Vicaire de Jésus-Christ, que l'affir­mation solennelle d'une autorité suprême dont les décisions doctrinales sont irréfragables et sans appel ? C'est le Pape qui, armé de cette autorité, maintiendra désormais avec un surcroît de puissance les vérités politiques et religieuses opposées aux quatre-vingts propositions négatives du fameux Syllabus de 1864 ; c'est lui qui détournera de l'Eglise et de la société les désastres que leur préparent ces théories modernes qui tendent à l'émancipation absolue de la raison et de la science, et, par suite, à l'anarchie politique et religieuse.

Mais écoutons le célèbre Joseph de Maistre, homme du. monde et homme de génie, profond politique et chrétien, convaincu : « Il m'est prouvé, dit-il, et je voudrais de tout mon cœur le prouver aux autres, que sans le Souverain, Pontife, il n'y a point de véritable christianisme, et nul honnête homme chrétien, séparé de lui, ne signera sur son honneur (s'il a quelque science,) une profession de foi claire­ment circonscrite.» — « Sans le Souverain Pontife, tout l'édifice du christianisme est miné ;» car « le christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife. » Et en cela l'illustre défenseur du Pape est d'accord avec Saint Alphonse de Liguori, comme nous le verrons dans la suite de cette Préface et dans le corps même de ce volume; il ne l'est pas moins avec la vénérable cardinal Bellarmin dans ces remarquables paroles : De quoi s'agit-il quand il est question de la primauté du Souverain Pontife? Je réponds en deux mots, qu'il s'agit de tout le christianisme ; car c'est là une question de vie ou de mort pour l'Eglise ; en effet, priver l'édifice de son fondement, le troupeau de son pasteur, l'armée de son général, les astres du soleil, le corps de sa tête, n'est-ce pas renverser l'édifice, disperser le troupeau, mettre l'armée en déroute, obscurcir les astres, tuer le corps ?

De plus, les attaques des ennemis du Saint-Siège donnent au sujet un caractère particulier d'actualité. On peut appli­quer à notre époque ces véridiques paroles du comte de Maistre, que nous citons textuellement en substituant sim­plement le présent au passé : « La rage antireligieuse con­tre toutes les vérités et toutes les institutions chrétiennes s'est tournée surtout contre le Saint-Siège. Les conjurés savent assez, et le savent malheureusement bien mieux que la foule des hommes bien intentionnés, que le christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife. C'est donc de ce côté qu'ils tournent tous leurs efforts... Ils présentent le Saint-Siège comme l'ennemi naturel de tous les trônes; ils l'environnent de calomnies, de défiances de toute espèce; ils tâchent de le brouiller avec la raison d'Etat; ils n'oublient rien pour attacher l'idée de la dignité à celle de l'indépen­dance. »

Tels sont les ennemis actuels du Saint-Siège, ennemis égarés par l'ignorance et l'indifférence, le préjugé et la mauvaise foi, la malice et l'impiété.

Enfin, on sait quelles discussions ont soulevées les ques­tions concernant l'autorité pontificale, à l'occasion du Concile œcuménique du Vatican, en 1870. L'ardeur de la polémique et la gravité des décisions portées par l'auguste assem­blée nous font encore mieux comprendre l'importance des questions traitées par Saint Alphonse. D'ailleurs, les infailli­bles décrets qui ont définitivement sanctionné les droits du Pontife suprême, n'ont pas encore découragé complètement ses ennemis séculaires, ni détruit sans retour leurs opiniâtres préjugés ; et puis, même après ces décrets irréformables et cette avalanche de livres savants qui ont paru au moment de la lutte engagée à l'occasion du Concile, que d'ignorants encore qui connaissent à peine le premier mot de la ques­tion et les définitions les plus élémentaires !

Notre Saint Auteur aurait donc pu placer en tête du présent volume, s'il l'avait publié dans les mêmes conditions que nous, ces paroles d'un autre défenseur du Siège Apos­tolique : «A cette époque mémorable, il m'a paru utile d'exposer, dans toute sa plénitude, une théorie vaste et importante, et de la débarrasser de tous les nuages dont on s'obstine à l'envelopper depuis si longtemps. »(De Maistre)  (A suivre)

Extrait de : ŒUVRES COMPLÈTES de St-Alphonse de Liguori.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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