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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 19:24

 nature de l'ame.

On connaît la valeur d'un objet à sa nature. « Qu'est-ce qu'une âme », une âme en état de grâce surtout ?

C'est un esprit infiniment plus précieux que toutes les créatures privées de raison, car pour elle « ont été créés le ciel, la terre et tout ce qu'ils renferment ».

C'est un esprit immortel « comme Dieu » : toutes les créatures matérielles se dissoudront en poussière, l'âme leur survivra.

C'est « un esprit capable de connaître les beautés et toutes les perfections de Dieu » : les êtres sans raison, si ravissants qu'ils soient, ne peuvent s'élever jusqu'à celui qui les a faits.

C'est un esprit libre : l'âme est maîtresse de ses actions « elle peut donner son amour à qui bon lui semble », et si elle le donne à Dieu, il exauce tous ses désirs.

C'est un abîme dont rien de créé ne peut combler les profondeurs. « Présentez-lui toutes les richesses et tous les trésors du monde, rien de cela ne la contentera. Dieu l'a faite pour lui, il n'y a que lui qui soit capable de remplir ses vastes désirs. En lui, elle a tous les biens et les plaisirs qu'elle peut souhaiter sur la terre et dans le ciel. »

C'est « un esprit que Dieu a créé à son image et ressemblance, afin de se sentir plus porté à l'aimer et qu'en la contemplant il se contemplât lui-même. Aussi lui donne-t-il les noms les plus tendres : il l'appelle son enfant, sa sœur, sa bien-aimée, son épouse, son unique, sa colombe ».

« L'occupation de l'âme ici-bas est la même que celle des anges dans le Ciel : servir et glorifier Dieu dans chacune de ses actions. »

Une âme en état de grâce « est l'objet des complaisances des trois Personnes divines ».

Elle sera un jour « lumineuse du bonheur de Dieu même », elle le verra face à face et « chantera ses louanges pendant des siècles sans fin ».

« Notre, âme est si noble » et si grande « que le bon Dieu n'a voulu la confier qu'à un prince de sa cour céleste ».

« Elle est si précieuse que, dans toute sa sagesse, le Fils de Dieu n'a point trouvé de nourriture qui fût digne d'elle que son corps adorable », point de breuvage qui lui convînt que son sang.

« Dieu l'estime tant, que, eût-elle été seule au monde, Jésus-Christ serait mort pour elle et aurait créé exprès pour elle son paradis. » « Vous m'êtes si agréable, dit un jour Nôtre-Seigneur à sainte Thérèse, que, quand il n'y aurait point de Ciel, j'en créerais un pour vous seule. »

« O mon corps, s'écrie saint Bernard, que vous êtes heureux de loger une âme ornée de si belles qualités ! »

Tel est le prix de l'âme, que « Dieu a pleuré sa perte avant même d'avoir des yeux » et de s'être fait homme : « il a emprunté pour cela les yeux des prophètes ». Voyez : « Amos, fait retentir les rues et les places publiques de ses gémissements », et appelle les pécheurs à la pénitence. Jérémie se coupe les cheveux, il les jette loin de lui en signe de deuil et pousse vers le ciel des cris éplorés, parce que Dieu a abandonné son peuple prévarica­teur (1). Joël pleure la désolation de Jéru­salem comme un jeune homme la mort de son épouse (2). Ces prophètes — et tous ont été de même — ont pleuré au nom de Dieu les péchés de leur peuple et les âmes qui se per­daient. Ne les imiterons-nous pas ?

« On pleure la perte d'un procès, la mort d'un enfant, la privation d'un plaisir. » Qu'est-ce que cela en comparaison de la perte de son âme ?

Si vous sentiez, après votre péché, « l'éten­due de votre malheur », vous seriez incon­solable. « Larmes précieuses, dit saint Ber­nard, mais que vous êtes rares ! »

Oh ! Mettons « tous nos soins à conserver la beauté de notre âme » ; faisons comme «les saints qui ont tant souffert » pour se sauver.                     (1) Jerem., VII, 29.   (2) Joël, 1,8.

ce que notre ame a coûté a jésus-christ.

On connaît la valeur d'un objet à ce qu'il coûte, aux travaux que l'on accomplit, aux dangers auxquels on s'expose pour se le procurer. A ce second signe jugez du prix de votre âme.

Vous étiez les ennemis de Dieu, les esclaves du démon : qu'a fait le Fils de Dieu pour vous racheter ? Il est descendu du Ciel et « a pris un corps semblable au nôtre, il a épousé notre nature et ses infirmités sauf le péché » ; il a reposé à Bethléem, sur un peu de paille, il a fui en Égypte, il a obéi pendant trente ans à deux de ses créatures, il a ré­pandu des larmes de sang au Jardin des Oli­viers. Et maintenant « voyez-le pris, lié, garotté par ses propres enfants ; on l'attache à la colonne » de la flagellation, et les bour­reaux se lassent à le frapper sans pouvoir lasser la patience de leur victime ; on le « couronne d'épines », et leurs pointes en­trent douloureusement dans son front ; on l'oblige à porter le bois de son sacrifice, et chacun de ses pas est marqué d'une chute ; on le dépouille de ses vêtements et il s'étend lui-même sur le bois de sa croix ; on enfonce les clous dans ses pieds et dans ses mains, et il ne profère aucune parole de plainte ni de « murmure ». O mon âme, regarde ce que tu vaux : un Dieu a vécu dans le travail et la pauvreté, il est mort dans d'affreuses tor­tures pour te racheter : tu vaux le sang d'un Dieu.

Et toutefois Jésus ne s'en est pas tenu là. « Pour guérir notre âme quand elle a eu le malheur d'être blessée par le péché, pour la fortifier dans le combat, il a institué les Sacrements ; il s'est exposé lui-même à bien des outrages » en restant avec nous dans l'Eucharistie et en voulant y être notre nourriture. Pour nous guider dans la vérité, il a établi son Église et a chargé ses ministres de veiller sur nous avec une maternelle ten­dresse. Pouvait-il mieux nous montrer la valeur et la beauté de notre âme ?

« Comment se fait-il donc que nous en fassions si peu de cas » et que nous la défi­gurions par le péché ? O âme coupable, toi qui fus le sanctuaire de l'Esprit-Saint et de toutes les vertus, qu'es-tu devenue ? Le repaire du démon et de tous les vices. Oh ! Je conçois que Jésus-Christ ait pleuré sur toi : « Il a pleuré sur ton orgueil, en voyant que tu ne cherchais que les honneurs et l'estime du monde ; il a pleuré sur tes haines et tes vengeances, lui qui est mort pour ses enne­mis ; il a pleuré sur tes impuretés, en voyant combien ce péché te déshonore et te plonge dans la boue. Il a pleuré sur tous tes crimes. »

Pleurons  avec   Jésus,   faisons  pénitence, purifions-nous dans les larmes de la contri­tion. Animés par les souffrances de Jésus-Christ, les martyrs ont enduré tous les tour­ments plutôt que de perdre leur âme : ils en  comprenaient le prix, ils savaient combien  Dieu l'aimait, quelle récompense il lui réservait pour l'éternité. Regardons la croix, nous aussi : elle nous dira ce que nous valons, et ni les biens, ni les plaisirs, ni la mort ne seront  capables  de  nous  faire  vendre  au démon une âme qui a tant coûté à Jésus-Christ.

3°   CE QUE LE DÉMON FAIT POUR LA PERDRE.

Le démon, en effet, convoite notre âme, et c'est le troisième signe auquel nous en pouvons connaître le prix. Quand un objet excite universellement la jalousie, que tout le monde le désire ou s'efforce de l'acquérir, c'est une preuve évidente de sa valeur.

Or, que ne fait pas le démon pour s'em­parer de notre âme ? Il la tente continuelle­ment. Il nous tente par lui-même, par les mauvais exemples, par l'attrait des plaisirs, par les passions qu'il excite en nous : il met tout en œuvre pour nous faire tomber ; il fait sans relâche le siège de notre âme, et les soldats qu'il emploie pour y pénétrer sont l'orgueil, la vanité, la jalousie, la vengeance, l'impureté, le dégoût de la prière, le monde avec ses fausses maximes et ses voluptés mensongères. Que de mauvaises pensées il suggère, que de désirs honteux il fomente dans certains cœurs ! Repoussé, il revient à la charge et ne se décourage jamais. Il nous a attaqués tout seul et a essuyé une défaite : il attendra le moment opportun et fondra sur nous avec de nombreux ren­forts. Il n'épargne personne, « et les plus grands saints sont ceux qui ont été le plus tentés ».

'Pourquoi tous ces efforts ? Ah ! Il sait « la beauté et la valeur d'une âme, et il consen­tirait à souffrir deux enfers s'il le fallait, pourvu qu'à ce prix il réussît à l'entraîner avec lui. Si, après quatre mille ans de ten­tations, il nous gagnait, dit saint Augustin, il compterait pour rien toute sa peine. Il dit lui-même par la bouche d'un possédé, que, tant qu'il y aurait un homme sur la terre, il le tenterait, parce que, ajouta-t-il, je ne sup­porte pas que des chrétiens, après tant de péchés, puissent encore espérer le Ciel que j'ai perdu par une seule désobéissance ».

N'est-ce pas .une honte que le démon fasse plus pour perdre notre âme que nous ne faisons pour la sauver ? Et en effet, quelle estime pratique en avons-nous ? « Quand nos animaux sont dans l'écurie, nous leur donnons à manger ; nous avons soin de fer­mer les portes de crainte que les voleurs ne nous les prennent ; s'ils sont malades, nous allons chercher le médecin pour les soulager ; nous sommes touchés quelquefois jusqu'au cœur en les voyant souffrir. » Le faisons-nous pour notre  âme ?  Avons-nous  soin  de la nourrir par la grâce, par la fréquentation des sacrements ? Avons-nous soin d'en bien fermer les portes, de crainte que les voleurs ne lui ravissent la grâce ? Hélas ! Disons-le à notre confusion : nous la laissons périr de misère ; nous la laissons déchirer par nos ennemis, qui sont nos passions ; nous laissons toutes les portes ouvertes ; le démon de l'or­gueil ou de la sensualité vient, il entre, il salit,  il pourrit cette pauvre  âme.   « Ah ! Pauvre âme, nous dit saint Augustin, que l'on t'estime peu de chose ! Un orgueilleux te vend pour une pensée d'orgueil ; un avare pour une pièce de terre ; un ivrogne pour un verre de vin ; un vindicatif pour une pensée de vengeance ! »

« Nous venons de voir combien notre âme est quelque chose de grand, combien Dieu l'aime, combien il a souffert pour la sauver, les biens qu'il lui prépare dans l'autre monde, toutes les ruses, tous les pièges que le démon lui tend afin de la perdre ! Veillons donc sur nous » de peur d'être surpris ; « prions pour connaître nos tentations », et avoir la force d'y résister ; combattons les tenta­tions d'orgueil « en nous humiliant et en nous abaissant devant Dieu », les tentations contre la sainte vertu « en tâchant de morti­fier notre corps et tous nos sens », les tenta­tions de dégoût dans nos prières en en faisant encore davantage et avec une attention plus soutenue ». Heureux qui aura sauvé son âme : il possédera Dieu toute l'éternité.

Sermon sur le IXe dimanche après Pentecôte. Les larmes de Jésus. (Curé d’ARS)

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