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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:59

MARDI  L'ennemi sema de l'ivraie au milieu du froment.

O mon Dieu, depuis la chute de Lucifer il y eut toujours des ennemis en face de vous. C'est un mystère, vous, amour infini, vous n'avez voulu créer que de l'amour, et la haine est sur la terre, séparant les hommes, en dres­sant beaucoup contre vous ! Les meilleurs parmi nous ont des antagonistes qui cherchent à leur nuire.

1° L'ennemi. — Malheureuse réalité, nous avons toujours un implacable, un irréconciliable ennemi dans le démon. Il nous en veut comme hommes, il nous en veut surtout comme chrétiens, parce que nous pouvons arriver à l'éternelle béatitude dont il est pour jamais privé, banni qu'il est du royaume de Celui auquel il a refusé de se soumettre. Aussi il tâche dé nous nuire par tous les moyens. .

Il en a plusieurs à sa disposition, ne serait-ce que la possibilité que Dieu lui laisse d'atteindre notre sensibilité, notre imagination, notre mémoire. Puis, il a des suppôts à son service qui, par une parole, une attitude, une démar­che, peuvent nous faire beaucoup de mal.

Nous avons fait effort, nous nous sommes établis sur un plan supérieur que nous croyons solide, et, soit par une insinuation perfide, soit par une bourrasque violente, tout est renversé.

Il s'en prend à nous, il s'attaque aussi à nos œuvres, qu'il s'agisse de notre devoir d'état, bien établi, dirigé, qu'il s'agisse de notre part dans l'action catholique.

Nous avons travaillé avec foi, noua nous sommes appli­qués de notre mieux, nous nous sommes dévoués géné­reusement, et tout est contrarié, rien ne réussit, d'où, peuvent nous saisir le doute, le découragement, une lassi­tude paralysante.

Gardons-nous, soyons forts. Les Proverbes nous don­nent un programme auquel ' nous devons nous attacher obstinément : « L'homme sage est fort, docte, solide (24, 5), et la. sagesse, saint Jacques nous a avertis qu'on l'obtient quand on la demande « dans la foi, sans hésitation. »

O Jésus, accordez-moi la vigueur d'âme qui me main­tiendra  invincible  contre  les  assauts  sournois  de  mon ennemi.

2° Il sema de l'ivraie/ — La « zizanie » dont parle le texte est  ainsi nommé parce que ses grains peuvent donner le vertige de l'ivresse. Assez sem­blables à ceux du froment, ils sont en général de couleur noirâtre. Mêlés en partie notable à la nourriture, ils peu­vent causer la mort.

Comparaison expressive ! Il ne fait pas autre chose, l'ennemi, que de semer en notre âme des mensonges qui nous enchantent, nous grisent, nous amènent à perdre pied, et finalement nous jettent à terre. Les raisonnements sur lesquels nous avons appuyé notre orientation ver­tueuse sont ébranlés, -nous semblent exagérés sinon erronés ; la porte est ouverte au relâchement, tout danger nous menace. Voilà pourquoi il est important d'être fidèle à une oraison qui nous garde en contact avec une lumière pleine et limpide, que les nuages n'arrivent pas à obscurcir.

Même tactique en ce qui concerne nos œuvres, nos tra­vaux. L'ennemi s'y insinue, il suscite des difficultés là où nous pensions être aidés, il crée des incompréhensions, il occasionne des blâmes, il nous jette ainsi dans le doute sur la route que nous suivons, le dégoût pour notre dévoue­ment que nous estimons inutile, il s'efforce de nous incliner vers la paresse ou l’égoïsme.

Restons surnaturels, ne regardons que Dieu, ne cher­chons que lui et n'ayant pas peur, allons toujours de l'avant : faisons notre devoir tranquillement, sans nous préoccuper du résultat.

O Jésus, je comprends que je dois être toujours sur le qui-vive. Je vous implore avec confiance, défendez-moi de l'ennemi perfide, ne permettez pas qu'il me trouve jamais endormi:

MERCREDI

Quand grandit la semence, apparut la zizanie.

Seigneur Jésus, si la ressemblance entre l'ivraie et le froment est si grande, au début surtout, qu'il faille attendre la formation de l'épi pour bien se rendre compte de la présence des parasites, il y a donc un danger latent. D'où je conclus que je dois :

1° Me défier. — Nous avons tous fatalement des défauts ; nul ne vient parfait en ce monde : « Je jus conçu dans l'iniquité. » (Ps. 50, 7). Ces défauts dépendent du tempérament et physique, et moral. On ne rencontre jamais une nature pleinement équilibrée ; une faculté se développe presque toujours au détriment d'une autre ; de là des déficiences parfois regrettables.

Ces défauts peuvent venir encore de notre hérédité, de notre éducation, de notre ambiance. Multiples et pro­fondes sont les influences qui émanent de ces sources et qui laissent jusqu'au bout leur frappe sur notre âme. S'il en est de favorables à la vertu, il en est beaucoup d'autres qui lui sont contraires.

Enfin, une troisième cause de mal, c'est le démon qui, astucieux, habile, exploite les deux premières et nous poursuit obstinément par les mêmes tentations.

Il arrive alors que les mauvaises herbes poussent plus vite que les bonnes. Nos imperfections ne sont pas détrô­nées par nos vertus ; elles nous suivent toute notre vie. et parce que, en vieillissant, à moins qu'on ait l'habitude d'une sévère discipline, on se surveille moins, elles appa­raissent dans un relief malheureux. Ne voit-on pas des personnes de piété, pas très jeunes, médisantes, critiques, ou violentes, irascibles, ou avares, regardantes, ou immor­tifiées, sensuelles... D'où pour quelques-uns, une sorte de scandale auquel il faut prendre garde. A mesure que s'avancent les années, nous devrions progresser. Ceux avec lesquels nous vivons sont en. droit de nous demander une édification qu'il serait désastreux de ne point leur donner. Ne laissons pas l'ivraie grandir avec le bon grain.

O mon Dieu, maintenez ardente ma volonté d'être un de ne tolérer en moi nul laisser-aller, d'être docile à saint Paul qui recommande de « ne donner nul étonnement à personne, pour ne point faire mésestimer la reli­gion. » (2 Cor., 6, 8).

2° M'y opposer. — Convaincus de nos misères, tra­vaillons dès le début à les débusquer, à les combattre.

Débusquer. Cela exige une sérieuse attention sur soi, une introspection assidue, l'habitude des examens cons­ciencieux. Il est précieux le « Connais-toi toi-même » de l'antique sagesse. Qui s'ignore, ne voit pas son mal, n'en suit pas le développement, est bien incapable d'y remédier.

Nous devons, évidemment, pratiquer toutes les vertus, mais il en est qui, plus que d'autres, nous préoccuperont, parce qu'elles sont l'antithèse de nos défauts. On n'en fait pas le discernement avec légèreté.

Combattre. Connaissant l'ennemi, nous emploierons contre lui une énergie farouche et tenace, ne nous décou­rageant jamais de nos défaites inévitables, qui doivent plu­tôt stimuler notre activité, si nous nous en relevons plus humbles qu'humiliés, plus défiants de nous-mêmes, mais plus confiants en la grâce de Dieu.

Enfin, soit de la surveillance à exercer, soit de l'effort à produire, nous ne nous départirons jamais ; nulle trêve dans cette lutte ; nous mourrons avec notre tempé­rament, il exigera jusqu'au bout l'attitude qui nous en fera tirer parti selon le plan providentiel.

O Jésus, lumière et force de mon âme, remplissez-la de votre clarté, de votre charité divine, afin qu'elle réalise sa perfection telle que vous l'attendez d'elle.

Extrait de STELLA MATUTINA  Mgr A. Gognon (1947)

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