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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:59

Audience générale du 22 juin 1966.

Chers Fils et chères Filles,

Dans ces brefs entretiens hebdomadaires, nous cherchons à comprendre quelque chose de la grande et profonde doctrine que le récent Concile œcuménique a proclamée au sujet de la sainte Église, et qui orientera à l'avenir l'étude, la prière, l'activité de l'Église. Nous Nous contentons alors de citer les noms, les titres, les images par lesquels on désigne l'Église. Et il Nous semble que toutes les appellations que la sainte Écriture et le Concile donnent à l'Église sont comme un trait de lumière, une révélation, une ouverture vers une meilleure intelligence de la grande vérité, ou encore de la grande réalité qu'est notre Église de Dieu, sainte et bénie. « Comme le Seigneur, dit saint Jean Chrysostome, l'Église elle aussi est désignée par de nombreux noms » (Hom. de capto Eutropio: P. G. en latin 28, 402).

Veuillez, aujourd'hui, arrêter un instant votre attention sur un titre merveilleux, lumineux mais dont l'éclat même éblouit, que le Concile a attribué à l'Église. Ce titre est: Lumière des nations, c'est-à-dire phare des nations, lumière des peuples. C'est par cette expression « Lumen gentium » que s'ouvre la constitution dogmatique du IIe Concile œcuménique du Vatican sur l'Église, le document sans aucun doute le plus important qu'ait promulgué le Concile. L'Église est appelée la lumière des nations.

D'où vient ce nom? Ce fut le pape Jean XXIII, de vénérée mémoire, qui l'appliqua à l'Église, précisément parce qu'il la convoquait en concile. Dans le radio message que Notre cher prédécesseur adressait au monde, le 11 septembre 1962, un mois avant l'ouverture du Concile, il appliquait à l'Église l'acclama­tion que la liturgie du samedi saint adresse au cierge de nouveau allumé, symbole du Christ ressuscité, source de clarté et d'espé­rance réconfortantes pour la communauté des fidèles enveloppée des ténèbres de la nuit. Le pape Jean XXIII disait alors: « Évoquer le symbolisme du cierge pascal Nous semble ici heureusement à propos. Au signal de la liturgie, voici que son nom résonne: lumen Christi. De tous les points de la terre l'Église de Jésus répond: Deo grattas, comme pour dire: oui, c'est la lumière du Christ, la lumière de l'Église, la lumière des nations » (Discorsi 1962, pp. 521, 527).

A lui seul, le mot lumière appliqué à la révélation de Dieu, au peuple élu, puis au Verbe incarné, c'est-à-dire au Christ, à propos du salut du monde, mériterait une étude sans fin (cf. Is. XLII, 6; XLIX, 6; LX, 1; Actes XIII, 47; Jean I, 5, etc.). Ce qui nous intéresse c'est le double passage de la lumière du monde, qui est le Christ, d'abord à l'Église, puis de l'Église au monde. Nous nous rappelons tous les sublimes paroles de Jésus: Je suis la lumière du monde: quiconque me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie (Jean VIII, 12) et celles-ci: Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde (Jean IX, 5) et Moi, la lumière, je suis venu dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. (Jean XII, 46).

Le Christ est donc la source de la lumière, il est la lumière.

Mais comment cette lumière parvient-elle jusqu'à nous ?

Le Seigneur a voulu établir un système, constituer un ordre pour que sa lumière nous parvienne par l'intermédiaire d'un dispositif humain, d'un reflet qualifié et autorisé, c'est-à-dire par le magistère et le ministère apostoliques.

Aux Apôtres, en effet, il a dit: Vous êtes la lumière du monde (Matth. V, 14) et ce par une transparence intérieure du Christ, émanant de tout le Corps mystique et visible de l'Église, comme si celle-ci était l'ostensoir du Christ. Si bien qu'on l'appelle « sacrement », c'est-à-dire signe sacré et intermédiaire de l'union de Dieu avec l'humanité (cf. constit. Lumen gentium, 1).

Qui vous écoute, m'écoute, dit Jésus aux disciples promus à des fonctions hiérarchiques, et qui vous méprise, me méprise (Luc X, 16). C'est pourquoi pratiquement nous ne pourrons arriver jusqu'au Christ qu'en le cherchant et en le trouvant dans son Église. Rappelons encore la fameuse ^exhortation de saint Jean Chrysostome: «Ne t'éloigne pas de l'Église! Rien n'est plus fort qu'elle! Ton espérance et ton refuge, c'est 1 Église. Elle est plus haute que le ciel et plus vaste que la terre. Elle ne vieillit jamais, mais elle est toujours pleine de vigueur ». Dans la première moitié du IIle siècle, un autre grand docteur d'Orient, Origène, commentant la Genèse, disait: « Si nous voulons nous aussi être semblables au ciel, nous aurons en nous les luminaires qui peuvent nous éclairer: le Christ et son Église. Le Christ est en effet la lumière du monde qui éclaire aussi l'Église de sa lumière; ... et l'Église, après avoir reçu la lumière du Christ, illumine tous ceux qui se trouvent dans la nuit de l'ignorance » (In Gen. hom. 1, 5: P. G. 12, 150).

D'où cette autre réalité: l'Église reflète la lumière du Christ sur le monde. Le Concile dit que le visage de l'Église est si lumineux que le monde en est éclairé (constit. Lumen gentium, 1). Comment cela se produit-il ? Cela se produit par l'annonce de l'Évangile, on le sait. Mais aussi d'une autre façon, par le rayonnement extérieur de certains caractères, de certaines notes, qui découlent de propriétés essentielles et intrinsèques de l'Église et qui manifestent aux yeux du monde son authenticité. Ce sont les quatre fameuses notes qui sont la caractéristique exclusive de l'Église. Vous les connaissez: l'apostolicité, l'unité, la catho­licité et la sainteté.

Le « Credo » les proclame comme les signes distinctifs de la physionomie de la véritable Église. Celle-ci porte en elle et répand autour d elle sa propre apologie. Celui qui la regarde, celui qui la scrute d'un œil amoureux de la vérité, doit reconnaître que, indépendamment des hommes qui la composent et des modes pratiques sous lesquels elle se présente, elle porte avec elle un message de lumière universelle et unique, libérateur et nécessaire, divin. C'est la découverte laborieuse et victorieuse qu'a faite Newman, pour ne citer qu'un grand exem­ple typique (cf. Denz. Schoenm., 2888).

Sachez, très chers fils, que chacun de nous (fidèles) a le pouvoir et le devoir de mettre en relief ces notes qui font la beauté et l'attrait de l'Église, en montrant par son adhésion et son témoignage que vraiment l'Église du Christ est une, qu'elle est sainte, qu'elle est catholique, qu'elle est apostolique.

Que Notre Bénédiction apostolique vous exhorte et vous rende capables de recevoir et de répandre cette « Lumière des nations ».

PAUL VI

Extrait de : Actes Pontificaux. Éditions Bellarmin

Texte italien dans L'Osservatore Romano du 23 juin 1966. Traduction des Actes Pontificaux.

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Published by elogofioupiou
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commentaires

Veronique 23/01/2017 03:12

Merci ! Magnifique !

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