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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 14:44

LA SEPTIÈME PAROLE

Un des châtiments imposés à l'homme à la suite du péché originel, c'est qu'il mourrait en son corps. Après le renvoi du paradis, Adam buta sur le corps inanimé de son fils Abel. Il lui parla, mais Abel ne répondit pas. Il lui souleva la tête, mais elle retomba en arrière, les yeux étaient sans vie et le regard éteint. C'est alors qu'Adam se rappela que la mort était le châtiment du péché. C'était le premier cas de mort dans le monde. A présent, le nouvel Abel, le Christ, immolé par la race de Caïn, Se préparait à retourner vers Son Père.

Sa sixième Parole s'adressait à la terre, la dernière allait s'adresser à Dieu. La sixième était un adieu au temps, la septième marquerait le commencement de la gloire du Christ. Trente-trois ans auparavant, Il avait quitté la maison de Son Père pour aller dans le pays étranger qu'était pour Lui notre monde. Après y avoir donné Sa Chair et Son Sang pour les pécheurs, après avoir reçu les sarcasmes et le vinaigre de l'ingratitude humaine, Jésus Se préparait à retourner vers la maison de Son Père. C'est alors qu'il laissa tomber de Ses lèvres la prière parfaite

« Père, Je remets Mon esprit entre Tes mains. » (Luc 23, 46.)

Ces mots ne furent pas prononcés dans un murmure d'épui­sement, comme font les hommes qui arrivent à leur dernier soupir. Il avait déjà dit que personne ne Lui enlèverait Sa vie, mais qu'il la donnerait Lui-même. La mort ne posa pas la main sur Son épaule pour Lui donner le signal du départ. C'est Lui qui alla à sa rencontre. Pour montrer qu'il ne mou­rait pas d'épuisement, mais par un acte de Sa volonté, Ses dernières paroles furent dites en poussant un grand cri. (Matthieu 27, 50.)

C'est le seul exemple qu'on trouve dans l'histoire d'un Mou­rant qui était un Vivant.

Ses paroles d'adieu étaient une citation des Psaumes :

« Entre Tes mains Je remets Mon esprit; Dieu toujours fidèle, Tu Me réclames pour Toi. Je laisse les insensés Te provoquer par le culte des faux dieux; pour Moi, c'est dans le Seigneur que Je mets Ma confiance. J'exulterai et Je Me réjouirai de Ta grâce, parce que Tu as eu pitié de Ma faiblesse, et Tu M'as sauvé quand J'étais dans l'an­goisse. » (Psaume 30, 6-9.)

Le Christ ne Se chantait pas à Lui-même le chant de la mort; Il proclamait plutôt la marche en avant de la Vie divine. Il ne se réfugiait pas en Dieu parce qu'il devait mourir, mais Sa mort était un service pour l'homme et l'accomplissement de la volonté du Père. Pour un homme qui estime que la mort est la plus terrible épreuve de sa vie, il est difficile de comprendre la joie qui inspira ces paroles du Christ mourant. L'homme pense que c'est sa mort qui décide de son état futur; c'est plutôt sa vie qui en décide. Certains des choix qu'il a faits, les occasions qu'il a eues entre ses mains, les grâces qu'il a acceptées ou rejetées, c'est cela qui décide de son sort futur.

Le péril de la vie est plus grand que le péril de la mort. Dans le cas du Christ, c'est la manière dont Il avait vécu, c'est-à-dire pour racheter les hommes, qui provoqua la joie de Sa mort et Sa réunion avec le Père des Cieux. Ce n'est qu'après une longue période de temps que cer­taines planètes achèvent de décrire leur orbite, comme si elles venaient à leur point de départ pour saluer Celui qui les a lancées sur le chemin qu'elles parcourent, ainsi le Verbe Incarné, ayant achevé Sa mission terrestre, retournait vers le Père des Cieux, qui L'avait envoyé pour accomplir l'œuvre de la Rédemption.

Lorsque ces paroles furent dites, on entendait en face, sur la colline de Jérusalem, les gémissements des milliers d'agneaux qu'on immolait dans la cour extérieure du Temple, afin que leur sang puisse être offert sur l'autel, devant le Seigneur Dieu, et que leur chair puisse être mangée par le peuple. Nous ne savons pas s'il y a quelque vérité dans l'en­seignement des rabbis, qui prétend que ce serait ce même jour que Caïn aurait tué Abel, que Dieu aurait fait l'Alliance avec Abraham, qu'Isaac aurait été conduit sur la montagne pour être sanctifié, que Melchisédech aurait offert le pain et le vin à Abraham, et qu'Ésaü aurait vendu son droit d'aî­nesse à Jacob ; mais en ce jour, l'Agneau de Dieu fut immolé et toutes les prophéties furent accomplies.

L'œuvre de la Rédemption était achevée. Il y avait la rupture d'un cœur dans un ravissement d'amour; le Fils de l'homme inclina Sa tête et accepta de mourir.

Extrait de : LA VIE DE JÉSUS. Mgr Fulton J. Sheen (1960)

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Published by elogofioupiou - dans Prières et méditations
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