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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 14:53

Trente-trois ans avant le Calvaire, Marie reconnaît que sa mission est d'apporter son Seigneur au genre humain ; et elle est prise d'une telle impatience sainte, qu'elle commence cette mission avant même que son Fils ait vu le jour. Dans ce voyage, j'aime à voir en elle la première infirmière chrétienne qui en plus des soins qu'elle prodigue vient apporter le Christ dans la vie de ses malades : Salut des infirmes, secours des chrétiens, disons-nous dans ses litanies.

Les paroles exactes que Marie prononça ne nous sont pas rapportées. L'évangéliste dit seulement qu'elle salua Élisabeth. Mais remarquez que dès qu'elle eut salué sa cousine, de nouveaux liens sont aussitôt créés. Élisabeth ne s'adresse plus à elle en tant que cousine. Elle dit : « D'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? » (S. Luc 1, 43.)

Marie, maintenant, n'est plus une simple parente, ou la mère d'un autre enfant. Elle est appelée la « Mère de Dieu » ! Mais ce n'est pas tout. L'enfant qu'Élisabeth porte en son sein, et qui plus tard devait être appelé « le plus grand parmi les fils de la femme », par l'enfant que Marie porte en son sein, « se met à tressaillir de joie dans le sein de sa mère » ; nous pourrions aller jusqu'à dire que par cette allégresse, il désirait avancer sa nais­sance en hommage au Roi des rois ! Voici deux enfants qui manifestent une sorte de fraternité avant même d'avoir quitté le sein de leur mère.

Remarquez à quel point Notre-Dame est la médiatrice entre le Christ et les hommes. Tout d'abord, ce fut par elle, comme par une porte du Ciel, qu'il vint en ce monde. Ce fut en elle, ainsi qu'en un miroir de justice que pour la première fois il vit, avec des yeux humains, l'image du monde qu'il avait créé. C'est en elle, sorte de ciboire vivant, qu'il est porté à ce premier banc de com­munion qu'est la maison d'Élisabeth, où un enfant qui n'a pas encore vu le jour, salue en lui l'hôte qui va être l'invité du monde. C'est à sa demande qu'à Cana il met sa puissance divine au ser­vice d'un besoin humain. Et c'est enfin à la Croix que Marie, qui avait donné le Christ au monde, le reçoit une seconde fois en nous, qui sommes indignes du grand nom de chrétiens.

A cause de cette intimité, je me demande s'il n'est pas juste de dire que les hommes cessent d'adorer le Christ par le fait même qu'ils cessent de vénérer la mère du Christ. N'est-il pas vrai, dans les relations humaines, que si un soi-disant ami ignore votre mère lorsqu'il est reçu chez vous, tôt ou tard, il vous igno­rera ? Réciproquement, si les hommes viennent frapper à la porte de Marie, ils s'apercevront que c'est Nôtre-Seigneur lui-même qui répondra.

Si jamais auparavant vous n'avez prié Marie, faites-le main­tenant. Ne comprenez-vous pas que si le Christ lui-même a voulu être formé en elle, physiquement durant neuf mois, puis formé par elle spirituellement durant trente années, c'est auprès d'elle qu'il nous faut aller pour que le Christ puisse se former en nous ? Ayant élevé le Christ, elle seule est capable d'élever un chrétien.

Pour développer cette fraternité spirituelle avec Jésus et Marie, le chapelet est des plus efficace. Le mot chapelet signifie « guirlande de rosés » cueillies dans le jardin de la prière. Cha­que dizaine ne demande que deux ou trois minutes, si bien que le chapelet entier ne prend qu'un peu plus de dix minutes.

Si vous ne le dites pas en entier et à genoux, récitez une dizaine en vous levant le matin, une autre en vous rendant à votre travail ; une autre dizaine en balayant la maison ou à midi, au res­taurant en attendant l'addition ; une autre dizaine juste avant de vous coucher ; et la dernière dizaine, récitez-la au lit, juste avant de vous endormir.

Si vous avez moins de vingt-cinq ans, avant de vous endor­mir vous ne pouvez réciter qu'une dizaine, deux si vous avez qua­rante ans ; mais si vous approchez de soixante ans, vous avez bien le temps d'en réciter douze !

Parce que le « Je vous salue, Marie » est récité si souvent tout au long d'un chapelet, ne croyez pas cette répétition stérile, car chaque fois il évoque un tableau ou un cadre différents, lors­que vous méditez par exemple, sur des mystères tels que la Nativité de Nôtre-Seigneur, la Crucifixion ou la Résurrection. Quand vous étiez enfant et que vous disiez à votre maman que vous l'aimiez, vous ne pensiez pas alors que ces mots pourraient avoir le même sens que lorsque vous les lui avez redits plus tard. Parce que l'affection était sur un autre plan, elle s'exprima d'une façon nouvelle. Chaque jour, c'est le même soleil qui se lève, mais il fait un jour nouveau.

Voici certains des avantages du chapelet :

Si chaque jour de votre vie, vous récitez le chapelet avec dévotion, et tout ce que cela implique, vous ne perdrez jamais votre âme.

Si vous souhaitez la paix dans votre cœur et dans votre famille, et d'abondantes grâces divines pour votre foyer, rassem­blez votre famille chaque soir, et récitez le chapelet.

Si vous désirez convertir une âme à la plénitude de l'amour et de la vie en Dieu, apprenez à cette personne à réciter le chapelet : ou bien elle cessera de le réciter ou elle recevra le don de foi.

Si un nombre suffisant d'entre nous récitait le chapelet chaque jour, la Sainte Vierge obtiendrait de son divin Fils, main­tenant comme dans le passé, le calme après la tempête actuelle, la défaite des ennemis de la civilisation humaine, la véritable paix du cœur pour ceux qui peinent ou qui s'égarent.

Si votre charité s'est refroidie et vous a laissé malheureux et enclin à la médisance, le chapelet, en vous faisant méditer le grand amour de Nôtre-Seigneur pour vous sur la Croix, et l'af­fection de votre Mère pour vous au Calvaire, ranimera votre amour de Dieu et du prochain, et vous rendra cette paix qui dépasse tout entendement.

Ne croyez pas qu'en honorant Notre-Dame par le chapelet vous négligez Nôtre-Seigneur. Avez-vous jamais vu quelqu'un vous ignorer tout en étant bon pour votre mère ? Si Nôtre-Sei­gneur nous a dit : « Voici votre Mère », il convient que nous respections celle qu'il a choisie entre toutes les créatures. De toute manière, que vous le vouliez ou non, sachez qu'il vous faut tou­jours la suivre, car comme l'a dit Francis Thompson :

Il suffit que la céleste Tentatrice se mette à jouer, Pour que tout le genre humain goûte la félicité ; Attirés par vos saintes cajoleries Et la séduction infinie de vos yeux. Faites-nous retrouver le paradis !

Extrait de : DU HAUT DE LA CROIX. Mgr Fulton J. Sheen

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Published by elogofioupiou - dans Vraie doctrine
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