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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 14:35

ARTICLE PREMIER de l'éducation corporelle

Est-il besoin, de nos jours, de dire aux pères de ménager la vie, la santé, le développement phy­sique de leurs enfants, en leur fournissant des

aliments suffisants, en ne leur imposant pas de trop longs ou de trop pénibles travaux? …

C'est pourtant là ce à quoi on s'expose en entassant, de trop bonne heure, des enfants dans certaines usines. Qu'il vaudrait mieux, la vie champêtre avec le grand air, le beau soleil et les travaux salutaires de l'agriculture ! Quand sa décidera-t-on à comprendre que la vie à la ville, est plus malsaine pour le corps, plus dangereuse pour les mœurs et pour la foi, et par conséquent! Plus délétère pour l'âme que la vie des champs !

On a moins de peine, dit-on ; soit, mais on use plus vite sa santé, et on vit moins longtemps. On gagnerait davantage et mais on dépense aussi beaucoup plus et le peu que l'on économise est bien plus exposé que ne l'est un petit terrain dont on est propriétaire et qu'on agrandit peu à peu.

Aussi on a constaté qu'il y a plus de pauvres dans les villes, et qu'ils y sont plus malheureux qu'à la campagne!

Cette désertion de l'agriculture est une des preuves du sensualisme de nos jours, sensualisme qui ruine le corps, sous prétexte de le ménager. Nous ne comprenons pas aujourd'hui ce qu'ont compris les Perses, les Mèdes, les Grecs et les Romains des temps antiques, qui formaient leurs enfants à une nourriture frugale, les exerçaient à la peine, et en faisaient des hommes par une vie laborieuse.

A Sparte, en particulier, a écrit un moraliste, on accoutumait les enfants de très bonne heure à rester seuls, à marcher dans l'obscurité, pour qu'ils prissent l'habitude de ne rien craindre.

On les accoutumait aussi à n'être ni difficiles, ni délicats pour leur nourriture; à ne point se livrer à la mau­vaise humeur, aux cris, aux pleurs, aux empor­tements; à marcher nu-pieds ; à coucher durement et souvent sur la terre; à porter le même habit en hiver et en été, pour se durcir contre le froid et le chaud. A l'âge de sept ans, on les mettait sous la conduite de maîtres habiles et sévères. Leur éducation n'était, à proprement parler, qu'un, apprentissage d'obéissance, le législateur ayant bien compris que le moyen le plus sur d'avoir des citoyens soumis aux lois et aux magistrats était d'apprendre aux enfants, dès leurs premières tannées, à être parfaitement soumis à leurs maîtres.

Devenus plus grands, lorsqu'ils étaient admis là la table des personnes plus âgées, on leur montrait la porte de la salle en leur disant ces mots : « Aucune parole ne doit sortir par cette porte.» Leçon journalière, qui leur imprimait l'habitude de la discrétion.

Le législateur des Lacédémoniens, Lycurgue, eut beaucoup de peine à persuader à ses compatriotes l'utilité d'une éducation à la fois si forte et si minutieuse ; il se servit d'une fable i vivante pour les convaincre, et cet apologue d'un nouveau genre eut plus de succès que les rai­sonnements.

Il avait élevé deux chiens, tous deux nés du même père et de la même mère, dressant l'un avec sévérité, et donnant à l'autre toute la liberté et toute la nourriture qu'il voulait. Un jour, devant l'as­semblée du peuple, il fit venir ces deux chiens; en même temps, il posa à terre une écuelle de soupe et fit lâcher un lièvre ; le chien bien dressé courut au gibier et l'autre au potage. « Voyez, dit le législateur, l'effet de l'éducation : ces animaux "sont de même race et de même sang; l'un est gourmand, l'autre est chasseur; tel est le résul­tat des leçons qu'on leur a données, des habitudes qu'ils ont prises.

Vos enfants seront des hommes lâches ou courageux, selon que vous négligerez ou suivrez les lois que je vous propose. » Sparte le crut, et devint la cité la plus puissante de la Grèce. Et des chrétiens qui croient à l'Évangile ne formeraient pas leurs enfants au travail, à la tempérance, à la sobriété, à l'horreur des aises de la vie, qui créent à l'homme des besoins, et, par là même, le rendent malheureux en le rendant exigeant!

Ont-ils compris l'Évangile qui nous dit que le royaume des deux souffre violence, ceux qui laissent grandir leurs enfants dans la mol­lesse, leur retranchant jusqu'à l'air, de peur qu'ils aient trop chaud en été et trop froid en hiver, flattant leur goût par toutes sortes de gâte­ries, les dispensant du travail et de l'étude pour le plus léger mal, leur accordant un long sommeil, les laissant même longtemps au lit sans dormir, ce qui est si dangereux pour la vertu, leur prodi­guant à tout propos des caresses qui les ramol­lissent?

Le Saint-Esprit leur dit : Flattez votre fils et il vous fera trembler.

Extrait de : L’HOMME comme il doit être. P. J. Berthier, M. S. (1903)

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