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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 17:40

La nature divine du Christ existait de toute éternité, mais Sa nature humaine avait, elle, une ascendance juive. Le sang qui coulait dans ses veines provenait de la souche royale de David par Sa mère qui, bien que pauvre, appartenait au lignage du grand roi. Les contemporains de Jésus L'ont appelé le « Fils de David. » Le peuple n'aurait jamais pu accepter de regarder comme Messie un prétendant qui n'au­rait pas rempli cette condition indispensable. Aussi Nôtre-Seigneur n'a-t-Il jamais nié Lui-même Son origine davidique. Il a seulement déclaré que Sa descendance de David ne suffisait pas à expliquer les rapports qu'il avait avec le Père dans Sa Personnalité divine.

Les premiers mots de l'Évangile de saint Matthieu révèlent la «genèse» de Nôtre-Seigneur. L'Ancien Testament com­mence par le livre de la Genèse, récit de la création du ciel et de la terre par Dieu, Créateur de toutes choses.

Le Nou­veau Testament a une nouvelle sorte de genèse, en ce sens qu'il décrit le renouvellement de toutes choses. La généa­logie qui nous est donnée laisse entendre que le Christ est « le Deuxième Homme » et non pas seulement un des innom­brables descendants d'Adam. Saint Luc, qui destinait son Évangile aux Gentils, indique la descendance de Nôtre-Sei­gneur à partir du premier homme, mais Saint Matthieu, qui destinait le sien aux Juifs, présente Jésus comme «Fils de David et Fils d'Abraham». La différence entre les deux évangélistes vient de ce que saint Luc, écrivant pour les Gentils, prend soin de montrer la descendance selon la nature, tandis que saint Matthieu, écrivant pour les Juifs, s'écarte de cette descendance naturelle après l'époque de David pour montrer bien clairement à ses lecteurs que Nôtre-Seigneur est l'Héritier du Royaume de David. Saint Luc s'intéresse au Fils de l'Homme, saint Matthieu au Roi d'Is­raël. C'est pourquoi saint Matthieu ouvre son Évangile sur ces mots : Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham. Matthieu 1, 1.

Saint Matthieu décrit les générations depuis Abraham jusqu'à Nôtre-Seigneur, comme ayant passé par trois cycles de chacun quatorze, sans prétendre d'ailleurs donner une généalogie complète. Il indique quatorze générations d'Abraham à David, quatorze de David à la captivité de Babylone, et quatorze de celle-ci jusqu'à Nôtre-Seigneur.

La généalogie déborde l'ascendance juive pour inclure quelques ancêtres de race étrangère. Il a dû y avoir de bonnes rai­sons pour cette manière de faire, aussi bien que pour la mention, dans la lignée du Christ, d'ancêtres dont la répu­tation n'était pas sans tache. Dans le nombre on compte Rahab, étrangère et pécheresse, Ruth, étrangère elle aussi, bien que reçue dans la nation juive, et Bethsabée, dont le péché avec David jeta l'opprobre sur la lignée royale. Pour­quoi devait-il y avoir sur l'écusson royal des taches comme celles que provoquèrent Bethsabée, dont la pureté fut cor­rompue, et Ruth qui, malgré sa bonne tenue morale, intro­duisait dans la race un sang étranger? Peut-être pour marquer que le Christ ne rejetait ni les coupables, ni les pécheurs, ni les courtisanes, ni les criminels, ni même les Gentils auxquels s'adressaient, comme aux autres, Son Mes­sage et Sa Rédemption.

Dans certaines traductions de l'Écriture, le mot usité dans la généalogie est : «engendra», par exemple : « Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob.» Dans d'autres traductions on trouve : «fut le père de», par exemple : «Jechonias fut le père de Salathiel.» Cette différence n'a pas grande importance, mais ce qui ressort, dans cette généalogie, c'est que cette expression monotone revient pour quarante et une générations, alors qu'elle est omise pour la quarante-deuxième. La raison en est qu'on arrive à la nais­sance virginale de Jésus.

«Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ. Matthieu 1, 16.»

Saint Matthieu, en traçant la généalogie, savait bien que Nôtre-Seigneur n'était pas le fils de Joseph. Ainsi, dès les premières pages de l'Évangile, le Christ est présenté comme membre d'une famille qui, cependant, n'a pas été seule à intervenir dans Son origine. Il est évident qu'il descend de cette lignée, et pourtant Il s'en distingue.

S'il y a une indication de la naissance virginale dans la généalogie de saint Matthieu, il y en a une également dans celle de saint Luc. En saint Matthieu, Joseph n'est pas signalé comme ayant engendré Nôtre-Seigneur, et en saint Luc Nôtre-Seigneur est appelé : «comme tous le croyaient, fils de Joseph. Luc 3, 23.»

Saint Luc rappelle que Nôtre-Seigneur était considéré par les gens comme le fils de Joseph. Si nous rapprochons les deux généalogies, nous constatons qu'en saint Matthieu Jésus est le fils de David et d'Abraham; en saint Luc, Il est le fils d'Adam et le rejeton de la femme promise par Dieu pour écraser sous son talon la tête du serpent. Des hommes qui ont failli à la morale deviennent, par la Providence de Dieu, les instruments de Sa politique. David, meurtrier d'Urie, est de ceux par qui le sang d'Abraham passera jusqu'à Marie. Il y a eu des pécheurs dans l'arbre généalogique, et Jésus semblera être le plus grand de tous lorsqu'il sera attaché à l'arbre de la Croix, pour faire des hommes les fils adoptifs du Père qui est dans les cieux.

Extrait de : La vie de Jésus (1960) Mgr Fulton Sheen.

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Published by elogofioupiou - dans Vraie doctrine
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