Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 16:25

Disons d'abord que le Confiteor est une formule de contrition et c'est un acte qui possède toute l'efficacité de la contrition parfaite.

Cette prière remonte à la plus haute antiquité chré­tienne et l'auteur en est inconnu. Elle nous est familière depuis notre enfance, et la plupart des fidèles la récitent machinalement, sans se douter que c'est un petit chef-d’œuvre d'oraison. Une analyse sommaire suffira pour nous en convaincre.

C'est d'abord un acte de contrition.

La contrition, en effet, est l'acte par lequel le pécheur, conscient de sa culpabilité, se détourne du péché et se retourne vers Dieu, pour lui demander pardon. Il n'est pas besoin d'insister pour prouver que cette définition s'applique d'une façon parfaite au Confiteor.

C'est aussi un acte qui équivaut en efficacité à l'acte de contrition parfaite, puisqu'il contient un acte de charité parfaite envers le prochain. En effet, nous n'y demandons pas pardon uniquement pour nous-mêmes, mais aussi pour les autres hommes, et nous y prions pour leur salut éternel : « Que le Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde et que, nous ayant pardonné nos pé­chés, il nous conduise à la vie éternelle. »

En second lieu, le Confiteor est la formule de con­trition que l'Église a consacrée officiellement par l'emploi qu'elle en fait dans la liturgie. Elle en prescrit la récitation avant la réception de plusieurs sacrements, et elle l'a introduite dans la liturgie de la messe. Avant de monter à l'autel, le célébrant — simple prêtre, évêque ou Souverain Pontife — doit se prosterner profondément pour réciter cette prière d'humilité. Après quoi, le ser­vant la récite à son tour au nom des assistants; puis, quand vient le temps de la communion, les fidèles qui désirent s'approcher de la sainte table la récitent de nouveau en même temps que le servant.

Si nous faisons maintenant l'analyse du texte, nous trouvons que le Confiteor est composé de quatre par­ties. Les deux premières constituent chacune un bref résumé des grandes litanies, cette prière sublime et grandiose dans laquelle l'Eglise nous fait implorer tour à tour les différentes catégories des habitants du ciel, en commençant par la Sainte Trinité et en passant suc­cessivement par la sainte Vierge, les anges, les saints de l'Ancien Testament et les différents groupes de saints du Nouveau Testament.

La première partie du Confiteor n'est cependant pas une prière de demande : c'est une confession. Le pécheur confesse d'abord à Dieu tout-puissant qu'il a grandement péché en pensée, en parole et en œuvre. Le texte latin porte le mot nimis, ce qui signifie trop. En effet, pour un chrétien et un catholique, que Dieu a traité avec un amour de prédilection, en faisant de lui son enfant et eu se donnant à lui, ce serait encore trop de commettre même un seul péché véniel. Voilà pour­quoi les plus grands saints ont pu réciter le Confiteor avec des sentiments de sincère contrition. Comme les plus grands pécheurs, ils ont pu s'avouer coupables sans invoquer aucune excuse : « Par ma faute, par ma très grande faute ».

La même confession se fait ensuite à la Bienheu­reuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Ar­change et par lui à tous les saints anges, à saint Jean-Baptiste et par lui à tous les saints de l'Ancien Testament, aux Apôtres saint Pierre et saint Paul et par eux à tous les saints apôtres et disciples du Christ et enfin à tous les saints qui peuplent actuellement le paradis. Parmi ces saints, il y en a plusieurs qui s'intéressent à nous d'une façon particulière : sans oublier Marie, qui est notre mère et la Médiatrice universelle, ainsi que notre Ange gardien, il y a aussi nos ascendants : aïeux et aïeules, grands-pères et grand'mères, peut-être un père ou une mère, des frères ou des sœurs et des amis. Ces milliards de bienheureux qui ont la vision béatifique nous voient en Dieu d'une façon plus claire que nous ne nous connaissons nous-mêmes. La vue de notre culpabilité et de notre repentir est de nature à déter­miner en eux un sentiment de profonde compassion; et, comme ils ont accepté d'être les témoins de notre humi­liation, ils sont, pour ainsi dire, obligés d'intercéder pour nous.

C'est alors que commence la seconde litanie qui est une prière d'imploration par laquelle nous supplions Marie, les anges et toutes les catégories de saints aux­quels nous avons fait l'aveu de nos faiblesses et de notre déchéance de vouloir bien « prier pour nous le Seigneur notre Dieu ».

Peut-on supposer que ces bienheureux qui aiment Dieu de tout leur coeur, de toute leur âme, de toutes leurs forces et de tout leur esprit, qui ont pour leur pro­chain un amour de même degré, pourraient faire la sourde oreille à cette supplication d'un pécheur repen­tant? Et peut-on s'imaginer alors la somme de grâces obtenues par les prières de ces milliards de saints qui sont les amis de Dieu et auxquels Celui-ci ne peut rien refuser, parce qu'il les aime d'un amour infini ?

Voilà pourquoi, fort de cette masse surabondante d'intercessions, le pécheur peut maintenant envisager sans crainte le Dieu tout-puissant et, animé d'une sainte audace, demander pardon, non seulement pour ses propres péchés, mais aussi pour ceux de tous les hommes, et Le prier à son tour de les conduire à la vie éternelle.

Enfin, dans un dernier élan de confiance, le pécheur demande au « Dieu tout-puissant et miséricordieux », pour lui-même et pour tous les hommes, le pardon, l'absolution et la rémission des péchas commis.

Ces simples considérations suffisent à nous montrer que le Confiteor n'est pas une prière banale, et qu'il a été conçu par quelqu'un qui devait être un maître dans la pratique de l'ascétisme.

Il reste cependant une difficulté qui mérite quelques instants d'examen :

Le pardon des péchés est l'œuvre de la Miséricorde divine. On pourrait donc naturellement s'attendre à ce que l'Eglise nous fasse invoquer cet attribut de Dieu au cours de toute cette priera. Or, c'est à la Toute-Puissance surtout que le Confiteor paraît s'adresser : « Je confesse à Dieu tout-puissant»; «Que le Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde... »

C'est dans la dernière partie seulement que le texte fait allusion à la Miséricorde de Dieu après la Toute-Puissance : «Que le Dieu Tout-Puissant et Miséri­cordieux ».

Peut-on attribuer cette anomalie apparente à une distraction de l'auteur ?

Nous croyons au contraire que la phraséologie qu'il a adoptée a été voulue expressément et qu'elle est justi­fiée par une raison théologique bien fondée. En effet, quand Dieu pardonne le péché, il produit toujours dans l'âme un effet d'une valeur incomparable : un degré de grâce sanctifiante. Or la grâce sanctifiante est une réalité d'ordre divin qui dépasse en perfection toutes les natures créées, même celle du plus parfait des anges. Pour produire dans l'âme le moindre degré de cette vie divine. Dieu exerce donc plus de Toute -Puissance qu'il n'en a déployée dans la création de l'univers. Voilà pourquoi, dans une de ses oraisons, l'Eglise nous fait dire : « O Dieu qui manifestez votre Toute-Puissance surtout en pardonnant et en faisant miséricorde... »

Ainsi compris, le Confiteor doit nous apparaître comme une prière grandiose et un petit chef-d’œuvre d'acte de contrition parfaite.

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES. Léon Lebel S. J. (1950)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Prières et méditations
commenter cet article

commentaires