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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 02:27

PRÉFACE

L'auteur du présent opuscule, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, est surtout connu par sa parfaite dévotion à la Sainte Vierge et son grand zèle à la prêcher. Lui-même nous a laissé la subs­tance de son enseignement marial dans ces deux ouvrages de plus en plus répan­dus: le « Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge » et le « Secret de Marie », qui en est l'abrégé.

Mais sa prédication ne s'est pas limitée à ce point capital de la doctrine catholi­que. Quand un siècle et demi après sa mort, les Pères du Concile de Poitiers voulurent définir son œuvre: « C'est au vénérable Louis-Marie Grignion de Montfort, dirent-ils, que l'on doit, dans les con­trées de l'Ouest (de la France), d'avoir conservé une foi vive, l'amour de la Croix et la dévotion à la Sainte Vierge ». « Défenseur de la foi catholique », « prédica­teur éloquent de la Croix », « dévot escla­ve de Jésus en Marie », et propagateur infatigable de cet esclavage d'amour: voilà résumés la vie de Montfort, son œuvre et son enseignement.

Sa dévotion pour Jésus en croix n'est pas moins étonnante que son amour et son zèle pour Marie. Ce divin Crucifié, il l'aimait passionnément, il le prêchait avec jeu, comme le démontrent ses irrésistibles sermons sur l'amour de la Croix, ses tou­chants cantiques à la Croix, ses planta­tions de croix, ses érections de calvaires par où se terminaient toutes ses missions. « Vive Jésus! Vive sa Croix! »: C’était son chant de triomphe...

Un jour, ses en­nemis obtiennent que n'ait pas lieu la plantation de croix projetée. « Mes Frères, s'écrie-t-il dans un saint enthou­siasme, nous nous disposions à planter une croix à la porte de cette église; Dieu ne l'a pas voulu, nos supérieurs s'y oppo­sent: plantons-la dans nos cœurs, elle v sera mieux que partout ailleurs ». Tel était son désir de ressembler à Jésus cru­cifié, qu'il lui arrivait parfois de laisser échapper cette plainte qui trahit bien l'ardeur brûlante de son amour: « Point de croix, quelle croix ! »

A cette époque, une association, celle des AMIS DE LA CROIX, groupait les fidèles vraiment exemplaires qui, voulant vivre en parfaite conformité des maximes de l'Évangile, suivaient vaillamment la parole de Jésus: « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et me suive ».

Cette Association s'était organisée vers 1700, dans plusieurs diocèses de France. Connaissant les fruits de salut qu'elle produisait dans les âmes, Montfort s'ap­pliquait à l'établir dans les paroisses où il donnait des missions. Il en établit une à Saint-Similien de Nantes, à laquelle il donna des règlements pleins de sagesse. Quand les circonstances le ramenaient à Nantes, il ne manquait point d'y venir réchauffer de ses exhortations, une géné­rosité de vie chrétienne qui faisait l'édi­fication de la grande ville.

Mais voici qu'en 1714, intrigues et ca­lomnies aidant, on lui défend tout minis­tère dans le diocèse. Il part pour Rennes. Même refus. Il s'enferme alors chez les Pères Jésuites, et, huit jours durant, il médite sur la Passion. Le dernier jour, il-écrit sa LETTRE AUX AMIS DE LA CROIX.

Cette lettre, dont Mgr Freppel a dit qu'elle est « chef-d'œuvre d'éloquence qu'on tenterait vainement de surpasser », garde, après plus de deux siècles, toute sa valeur et tout son à-propos. Car les maux, les abus et les désordres contre lesquels se proposaient de réagir les « Amis de la Croix », existent aussi de nos jours: crainte du sacrifice, de tout sacrifice, allant même jusqu'à la trahison des devoirs les plus sacrés; intempérance dans l'usage des biens terrestres quels qu'ils soient; recherche aveugle des plai­sirs sensuels.

Il y a donc, aujourd'hui, comme alors, la même nécessité d'opposer aux mêmes tendances païennes, des remèdes efficaces. Montfort y oppose celui de la mortifica­tion chrétienne. Il vient de signaler les deux partis toujours en présence: celui de Jésus-Christ et celui du monde. « A droite, écrit-il, — c'est le parti du Christ, — on entend continuellement ces paroles entrecoupées de sanglots: « Souffrons, pleurons, jeûnons, prions, cachons-nous, humilions-nous, appauvrissons-nous, mortifions-nous; car celui qui n'a pas l'esprit de Jésus-Christ, qui est un esprit de croix, n'est point à lui: ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec leurs concupiscences ».

Dans leur lettre du 4 octobre 1938, les Évêques de la province de Québec signa­lant le fléau de l'intempérance, (fléau d'or­dre moral tout autant que d'ordre social et économique), recommandent aussi, pour le combattre efficacement, la pratique de la mortification et la rénovation dans les âmes des vertus évangéliques. Ils veu­lent même qu'on inculque aux enfants, qu'on développe chez eux le sens chrétien de cette mortification qui est, dit l'apôtre saint Paul, le signe de notre appartenance au Christ: « Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises ».

C'est donc bien dans les principes mieux compris de l'Évangile et ses maxi­mes plus fidèlement suivies, qu'il faut chercher le remède tout-puissant aux maux actuels. Or, ces principes et ces maximes, nul ne les rappelle avec plus de clarté, ne les présente avec plus de fran­chise, n'en montre mieux l'absolue néces­sité, que Montfort dans sa « Lettre aux Amis de la Croix ».

La dernière partie de cette «Lettre» contient, tracées avec une prudence con­sommée, les règles qui nous apprennent à supporter les souffrances, les croix de chaque jour, de la manière que Dieu veut, pour qu'il les puisse accueillir et béatifier. Et ces règles valent pour tous, — elles valent surtout, — pour les prêtres, religieux et religieuses qui, en vertu de leur état, de leurs jonctions et de leur mission, doivent tendre à une perfection plus grande.

Pénétrées de la nécessité de la croix; stimulées par les heureux effets qu'elle produit; guidées par les règles sages que donne le Saint dans sa « Lettre », les âmes craindront moins l'effort, elles accepteront mieux le renoncement, le sacrifice; elles se livreront même à toutes les suggestions généreuses que fera naître la méditation de la parole de Jésus-Christ, si amoureuse­ment commentée par saint Montfort: « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix chaque jour et me suive ». (A suivre)

Les ÉDITEURS

Extrait de : Lettre aux Amis de la Croix. L.M. de Montfort. Éditions Monfortaines. Montréal. (1957)

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Published by elogofioupiou - dans Prières et m
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