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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 16:04

La première se trouve dans cette véhémente parole adressée aux Pharisiens :

Race de Vipères. Cette apostrophe est sur les lèvres de saint Jean-Baptiste et plus souvent encore sur celles de Notre-Seigneur. (Math., III, 7; XII, 34; XXIII, 33; Luc, III, 7.)

Cette insistance nous invite à en chercher, à en approfondir le sens caché. Dans ce but, méditons successivement : ce qu'est la vipère, ce qu'est sa progéniture et à quel sort elles sont réservées.

1. La Vipère

1. Au sens propre, ce nom désigne un serpent venimeux. Dans le livre de la Genèse (III, I), nous lisons que, de tous les animaux de la création, le serpent est le plus rusé. Il est cer­tain que tout en lui nous trompe.

A le voir au repos, on le croirait forcément condamné à l'inertie. Il n'a ni pattes, ni nageoires, ni ailes, ni membres d'aucune sorte. Comment pourra-t-il bouger ? Néanmoins, grâce à la souplesse de son échine, il se glisse, il court, il bondit, il grimpe et il nage.

A sa taille relativement petite, on le croirait, sinon inoffensif, du moins peu redoutable, mais il est armé d'un poison si subtil et si actif qu'il est à craindre à des animaux cent fois, mille fois plus forts que lui.

Aussi dans les pays infestés de vipères ou autres serpents venimeux, déploie-t-on une vraie vigilance pour en éviter les atteintes.

2. On pourrait se demander : Pourquoi la vipère a-t-elle été créée ? Entre autres raisons, c'est pour nous offrir une image du démon.

Comme la vipère, le démon, vu sa nature, semblerait ne pouvoir exercer aucune action sur nous. Il ne peut, en effet, avoir aucune influence directe sur nos facultés supérieures de l'intelligence et de la volonté. Mais il sait agir sur notre imagination et notre sensibilité, et, par cette voie détournée, égarer notre esprit et porter au mal notre volonté. Il est notre ennemi mortel, acharné ; nous le savons, n'importe, il flatte notre nature et nous nous laissons atteindre; son poison, le péché, est incomparablement plus redoutable que n'importe quel venin : ce n'est pas seulement la vie présente qu'il menace, c'est notre vie éternelle.

Saint Paul : « Je crains, qu'à la suite d'Ève, vous ne vous laissiez surprendre par l'astuce du serpent infernal. » (II Cor., XI, 3.)

Le plus souvent, il s'approche à la sourdine, dissimule la tentation sous l'apparence de quel­que bien et nous rend victime de l'illusion. D'autres fois, choisissant le moment propice, il fascine soudain par la violence de la tentation et l'impression que nous ne pourrons pas résis­ter. C'est ainsi, dit-on, que le serpent fait tomber à ses pieds les petits oiseaux : il les paralyse par la fixité de son regard perçant. Pourquoi l'oiseau ne détourne-t-il pas la tête ? Il vaincrait le charme et prendrait son vol ? Sachons employer ce moyen, détournons notre attention de l'objet qui nous séduit ou nous épouvante, et nous en triompherons facilement.

II. La progéniture de la Vipère.

1. La plupart des reptiles sont ovipares; leurs oeufs sont forcément inoffensifs, au moins jusqu'à leur éclosion. La vipère, comme son nom l'indique, est vivipare, elle donne le jour à des petits vivants, au nombre de douze à vingt-quatre, disent les savants. Cette progéniture ne tarde pas à se disperser, à envahir et infester la région, à multiplier les victimes. Dans les Indes, c'est par milliers qu'il faut compter les gens qui périssent à la suite de morsures de serpents. C'est une image trop vraie des rava­ges de l'enfer parmi les âmes.

2. La progéniture du démon, ce sont les pécheurs. (I Jean, III, 8.) De près ou de loin, c'est toujours lui qui les engendre. En effet, c'est lui qui tout d'abord a tenté notre première mère; nous savons l'histoire de sa chute. Avec Ève, devenue sa progéniture par le péché, le démon s'est attaqué à Adam. Celui-ci aurait peut-être résisté, si le serpent infernal eût été seul; mais il fut vaincu par Ève, et son péché a comme empoisonné toute la race humaine. Depuis lors, l'humanité porte en elle un attrait au mal, une sorte de vitesse acquise qui la porte au péché. Il lui faut lutter constam­ment contre cette concupiscence toujours prête à devenir complice du démon et du monde pervers. Celui-ci se compose de tous ceux qui sont déjà plus ou moins les descendants du serpent infernal par leur alliance avec le péché.

Tout pécheur est donc la progéniture du démon par son origine. Il l'est encore par la ressemblance de ses instincts. Aussi, Notre-Seigneur disait aux Pharisiens : « Vous avez le démon pour père et vous ne songez qu'à accomplir les désirs de votre père. » (Jean, VIII, 44.)

Ces désirs de l'enfer poursuivent sans relâche le mal de l'homme et si possible le mal de Dieu.

Le démon veut le malheur de l'homme. La pensée que celui-ci est appelé à occuper au ciel la place qu'il a perdue, lui inspire une jalousie et une haine implacables. Il ne néglige rien pour nous faire perdre l'héritage céleste, pour nous amener à partager son supplice, après nous avoir fait ici-bas ses esclaves et ses sup­pôts. Tout pécheur concourt à la contagion du péché. Ses suggestions comme ses exemples exercent une influence désastreuse. « Race de vipèresdisait Jésus aux Pharisiens — comment, mauvais comme vous l'êtes, pouvez-vous dire de bonnes paroles ? La bouche parle de l'abondance du coeur. »

Le démon veut également, autant qu'il est en lui, le mal de ce Dieu, dont la justice l'étreint, dont la réprobation et la séparation le torturent; il voudrait s'il était possible, qu'il n'y eût pas de Dieu, ou qu'il ne fût pas le Dieu de toute sain­teté, condamnant la révolte, et le Dieu de toute justice, la poursuivant du châtiment. L'homme, devenu par le péché l'esclave et la progéniture du démon, s'associe au moins implicitement à ses désirs déicides. Ne voulant pas renoncer au péché ni admettre la perspective des châti­ments du péché, il voudrait que Dieu ne connût pas ses désordres, ou s'il doit les con­naître, qu'il ne les condamnât pas, ou tout au moins qu'il ne pût en venir à l'exécution ; en d'autres termes, il voudrait que Dieu ne fut ni l'infinie sagesse ni l'infinie justice, ni l'infinie puissance ; il veut donc, ainsi que le déclare le Sauveur, accomplir le vœu de l'enfer.

III. Voici quel sera le sort de la Vipère et de sa progéniture.

Saint Paul, ayant été jeté par un naufrage sur les rochers de l'île de Malte, y alluma un grand feu pour s'y sécher, lui et ses compa­gnons. Tandis qu'il ramassait du bois pour alimenter le foyer, une vipère se jeta sur sa main et la mordit. L'Apôtre secoua le reptile dans le feu et n'eut aucun mal. La destinée de la vipère et de sa progéniture, c'est d'être tuée sans merci. Dans la plupart des régions, leur tête est mise à prix ; on veut les poursuivre jusqu'à extinction, si possible.

Telle est l'image du sort réservé à Satan et à ses suppôts, les pécheurs. C'est pour Satan et ses complices que l'enfer a été créé, et lorsque Satan eut fait tomber nos premiers parents, Dieu proclama qu'il aurait la tête écrasée par Marie, et que l'inimitié entre sa race et celle de Marie serait éternelle.

Au dernier jour, le souverain Juge dira aux pécheurs : « Allez, maudits, allez au feu inextin­guible qui a été allume pour le démon et sa suite. » Ayant devant les yeux cette horrible destinée des pécheurs, Jean-Baptiste disait à ceux qui ['écoutaient : «, Races de vipères, qui donc vous donnera le moyen d'échapper à la colère divine ? » (Math., III, 7.) Et Notre-Seigneur répétait aux Pharisiens : « Progéniture de vipère, comment pourrez-vous vous soustraire au jugement et à l'enfer? » (Math., XXIII, 33.)

Quand on s'est laissé mordre par le serpent infernal, est-on donc perdu sans ressource ? Non, grâce en soit rendue au bon Maître. Rap­pelons-nous ce qui se passa au désert, quand les Israélites furent victimes du serpent à la morsure brûlante. Moïse, sur l'ordre de Dieu, éleva sur une croix un serpent d'airain. Il suffi­sait de regarder ce serpent pour être guéri de la morsure de ceux qui infestaient le désert. Ce serpent d'airain était la figure du Sauveur. « Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean, III, 14, 15.)

Actuellement le divin crucifié est arboré par­tout, et nous pouvons toujours recourir à lui et assurer notre salut.

Extrait de : PAROLES ÉVANGÉLIQUES expliquées et méditées. (1906) Ch. LACOUTURE

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Published by elogofioupiou - dans Vraie doctrine
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