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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:55

« J'ACHÈVE EN MES MEMBRES...» (II)

Hier soir, dans le calme extérieur, quand mes compagnes ont sombré dans le sommeil, je me suis retrouvée devant vous, ô mon Jésus, pour vous offrir ma petite « Hostie »... bien pauvre... difforme encore... et j'ai osé l'unir à la vôtre si immaculée, si divinement parfaite, puis, après avoir dit et redit ce Fiat dou­loureux dans cet état si pénible à toute nature, joyeux dans la volonté de Vous servir, j'ai ajouté, avec une grande envie de pleurer, mais en me reprenant, d'un effort suprême, pour « me » redonner à votre volonté : Magnificat, à mon Dieu, tant que vous vous le voudrez, mais aidez-moi ! ... Vous me faites mal ! Ô di­vin sculpteur. Mon roc est-il donc si abrupt, tellement rebelle au ciseau ? ...

J'unis ma croix avec les croix, la croix qui me répugne, me désole... la croix si lourde, si épineuse, la croix qui me meur­trit [...] la croix qui pénètre partout dans ma chair ... mes membres dans ces brûlements, pas une région de mon pauvre organisme n'est exempt... la croix de l'ambiance, la croix qui, par la souffrance épuisante, suscite des désirs fous, dans l'esprit fatigué : Partir ! Fuir ! Me faire au moins transporter dans le corridor ou, encore, me lever, bondir, aller parler à l'officière, ou m'asseoir dans mon lit. [...]

Alors j'ai refoulé les pleurs, pleurs amollissants en la circonstance et j'ai prié la petite Thé­rèse. Elle avait le plus d'attention pour ses compagnes les moins agréables et cela, naïvement en apparence... Oui, être naïve et douce ! ... J'ai la conviction maintenant que Lui seul permet toutes ses souffrances physiques afin de me faire communier étroitement à la souffrance pour la mieux comprendre et élever les âmes éprouvées, jusqu'à Lui. Pour réaliser cet idéal tant caressé en ces années de maladie, il me faut souffrir beaucoup... et la lumière vient...

Oh ! Jésus ! Je veux t'aimer avec ton propre amour et celui de l'Univers entier, t'aimer autant que tous les saints, tous les martyrs, toutes les âmes sacerdotales, consacrées, toutes les petites âmes héroïques dans leur silence et leur abnégation. Je veux t'aimer d'un amour si puissant, si pur, que rien de ma nature humaine ne subsiste dans cet amour, que Toi seul reste toujours ma Lumière, mon Guide, mon Modèle, ma Vie.

Je te le demande, ô mon Jésus, d'augmenter ma volonté de Te servir en toutes circonstances de ma vie, de Te rayonner pleinement afin de me sanctifier et de Te gagner, par ton Amour, un nombre d'âmes aussi étendu que l'Infini. Il y en a des multitudes à sauver ! Des oublieuses, des légères, des enténébrées ! Que ton amour, vivant en moi me transformant en Toi, ô Jésus, devienne une consolation pour ton Cœur délaissé et une source jaillissante de lumière et d'amour pour toutes les âmes sacerdotales et consacrées qui doivent répandre la Foi et attirer les âmes.

Je veux T'ai­mer ! Pour aimer la vie, exactement celle que tu me destines, au jour le jour. En surnaturalisant tout, je veux expier mes fau­tes et être ton jouet. Dans la réalité, la vérité sans illusions. Je te supplie de me donner la grâce puissante et je veux être Hostie de louange d'action de grâces. Je veux T'aimer assez pour ne cesser jamais de te grandir en moi, pour accepter de vivre au­tant que tu le voudras. Même pour continuer la lutte ennuyante contre les ravages de la maladie dans mon pauvre corps. Aimer la vie pour aimer pleinement la vraie vie et désirer la « mort » seulement quand tu le voudras, ô mon Jésus, la mort, non celle qui débarrasse des maux dont on est las, mais la merveilleuse ren­contre avec le Père éternel, dans l'Infini, l'Éternité et seulement au jour, à l'heure, par toi choisie... quand tu jugeras bon, ô mon Bien-Aimé Jésus, de m'attirer à toi...

La souffrance est une vocation et Jésus destine véritablement des âmes à vivre dans cet ordre...

Il n'a pas fait de moi Son Épouse, car je n'ai pas consacré par des vœux, ma vie de jeune fille. Pourquoi ? Ma liberté a été entravée par la maladie... Le rêve « d'immolée » va se réaliser d'après Ses plans peut-être sur un théâtre humainement impro­pre à la vie intérieure, ardente, suivie, et au « rayonnement » désiré...

Fiat ! Je veux être épouse cachée, selon votre Divin Cœur. Vous me permettez de désirer le calme, le silence, le re­cueillement, de Vous le demander aussi ?... Mais, ô mon Jésus, je Vous de­mande avant tout la paix, dans l'obéissance à tous vos « capri­ces ». La patience a été harcelée, agacée, presque exaspérée. Causes multiples... Mon Dieu, est-ce votre volonté ? Et la confiance s'ébranle avec le pourquoi qui surgit au loin... Pendant toute ma prière les flots mugissaient : l'impatience, la souffrance, l'ennui, le doute, tous ces diables affreux, hideux, ont forcé les portes..., ébranlé les ouvertures.

Mais votre conseil «veillez et priez» a été suivi... La foi pure, nue, sans consola­tion a été le garde sûr. Je crois en la vocation de la souffrance dans le milieu où Vous me placez et dans toutes les circonstances défavorables à ma guérison, car je veux accepter cette conclusion. Je suis venue non pour guérir, mais pour mourir à moi-même et faire Votre Volonté.

Fiat ! Fiat ! Fiat comme une litanie quand je trouve très dure l'acceptation. Olivette Halle

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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Published by elogofioupiou - dans Prières et m
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