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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 01:26

LE CHRIST, NOTRE PONTIFE

Un pont unit deux rives. Il devient ainsi un lieu de passage et de transport d'une rive à l'autre. Ainsi Jésus-Christ unit les hommes à Dieu. Par Jésus-Christ, Dieu communique aux hom­mes ses bienfaits et ses grâces; par Jésus-Christ, les hommes font monter à Dieu leurs hommages, leurs prières, leurs adorations, leurs sacrifices.

Il réunit en lui l'homme et Dieu

Grâce au pont, les riverains ne sont plus des étrangers. Le fleuve les séparait; le pont permet de se voisiner, d'entretenir des relations d'amitié. Entre Dieu et nous, il y avait le fleuve du péché; un fleuve que nous ne pouvions pas franchir nous-mêmes. Dieu jette le pont. Le fleuve du péché est vaincu; il y a moyen de le franchir sans se noyer.

Je désire, disait Dieu le Père à sainte Catherine de Sienne, que vous jetiez les yeux sur le pont que j'ai fait en mon Fils unique par lequel la divine grandeur est reliée à la terre de votre huma­nité. Le Christ est le pont construit pour restaurer le chemin cou­pé et faire que l'homme puisse franchir les dangers de ce monde et parvenir à la vie éternelle.

Il n'était pas au pouvoir de l'homme, continuait Dieu, de bâ­tir un pont suffisamment long pour atteindre au ciel. La nature humaine, née de la terre, était incapable par elle-même de satis­faire pour le péché et de détruire les conséquences de la faute originelle qui avait corrompu et infecté la race humaine tout entière. Il était donc nécessaire de réunir celle-ci à la grandeur de ma nature pour que la nature divine puisse satisfaire pour toute l'humanité. Aussi la Grandeur s'abaissa jusqu'à la terre de votre humanité; elle construisit un pont et fit un passage.

Grâce au pont qui est Jésus-Christ, le Rédempteur, nous som­mes réconciliés avec Dieu, amis de Dieu, jouissant de son amitié. C'est la doctrine exposée par saint Paul dans sa deuxième épître aux Corinthiens : Tout cela vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par Jésus-Christ. Dieu a réconcilié le monde avec lui-même dans le Christ, n'imputant pas aux hommes leurs offenses, parce qu'il est vrai Dieu et vrai homme.

Un pont doit être solidement amarré aux rives, il doit adhé­rer fortement aux rives, il doit être quelque chose des rives. Ainsi du Christ : du côté des hommes, il est homme comme nous, il appartient à notre humanité, il partage notre sort en tout (ex­cepté le péché), il a pris sa vie humaine à la même source que nous, il est de la lignée d'Adam. Il est en même temps Dieu par nature, tout-puissant et éternel, infini et parfait, en tout égal au Père et à l'Esprit-Saint. Le Christ n'est pas seulement entre Dieu et les hommes (comme un pilier planté au milieu du fleu­ve, ou comme un traversier qui fait la navette entre les deux rives); ce serait le cas si nous avions comme médiateur un ange. Le Christ est entre Dieu et les hommes, parce qu'il est à la fois vrai Dieu et vrai homme. Et cette union qui rassemble dans une même personne divine l'humanité et la divinité, est une union très ferme, très solide, une union très intime et indissoluble. C'est un pont indestructible.

Le rôle de Marie

Marie nous a obtenu ce pont. Par ses prières et sa sainteté, elle a mérité d'une certaine façon l'Incarnation, plus que les saints de l'Ancien Testament. Par son libre consentement au jour de l'Annonciation, elle a en quelque sorte commencée la construction du pont. Ensuite, en donnant le jour au Christ, en l'élevant, en le présentant aux bergers et aux mages, en l'accompagnant à la croix, elle a contribué à entretenir et à faire servir le pont.

Si nous prenons l'image à un autre point de vue, Marie est comme le roc avancé sur lequel le Verbe incarné s'est posé, com­me un pont doit s'appuyer sur un point solide de la rive, sur le roc, de préférence, à un endroit où la rive s'avance le plus pos­sible dans le fleuve, sur une pointe aussi rapprochée que possible de l'autre rive. Or Marie par sa sainteté éminente est la plus rap­prochée de Dieu; elle est très fermement établie en sainteté; il convenait que l'Incarnation se fît en elle et par elle.

Nous pouvons utiliser une autre image. Un pont est inutile s'il n'est pas accessible; il faut que les routes convergent vers le pont et il faut que le pont débouche sur une route. Marie est cette voie d'accès au Christ. Par elle on va au Christ et par elle le Christ vient à nous. Elle n'est pas un obstacle à notre union au Christ, elle facilite au contraire cette union.

Jacques Gervais, o.m.i.

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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Published by elogofioupiou - dans Prières et m
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