Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 01:00

ISMAEL ET ISAAC…

Le juif, selon la théologie catholique, n'est pas comme les autres peuples qui naissent aujourd'hui et se fanent demain ; qui créent une civilisation admirable restreinte à un point du temps et de l'espace.

Rappelons-nous les grands em­pires des Égyptiens, des Assyriens, des Perses, des Grecs et des Romains. Leur gloire fut gloire d'un jour. Le peuple juif, portion minuscule enclavée au car­refour de l'Orient et de l'Occident, est fait de peti­tesse pour porter le mystère de Dieu à travers les siè­cles. Et pour porter ce mystère gravé dans sa chair. Il ne doit pas créer une civilisation, parce que cela est chose humaine, et c'est le divin qui lui est réservé.

C'est le peuple théologique, que Dieu crée pour Lui. Moïse nous rapporte dans la Genèse comment le Seigneur Dieu, deux mille ans avant Jésus-Christ, appelle le patriarche Abraham, qui vit à Ur, en Chaldée, dans la Mésopotamie, et lui dit :

1 - Sors de ta terre et de ta parenté et de la mai­son de ton père, et viens au pays que je te mon­trerai.

2 - Et je ferai de toi une grande race, et je te bé­nirai, et je ferai grand ton nom, et tu seras béni;

3 - Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront; et en toi seront bénis tous les lignages de la terre. (Ch. 12)

Le peuple juif, fils d'Abraham, a donc son origine en Dieu, parce que c'est Lui qui le sélectionne du reste de l'humanité, et parce qu'il lui promet Sa bénédic­tion de telle façon qu'en lui seront bénis tous les ligna­ges de la terre. Alors, Israël, est grand, et grand d'une grandeur théologique.

Mais cette grandeur d'Israël repose-t-elle pure­ment sur sa descendance charnelle d'Abraham, en le­quel ce peuple est formé dans les côtes du Patriarche, ou bien repose-t-elle sur la foi qu'a Abraham en la Promesse de Dieu ?

Cela est extrêmement important : parce que si les bénédictions de Dieu sont pour la descendance charnel­le d'Abraham, alors, du fait d'être fils d'Abraham, le peuple juif sera choisi et béni entre tous les lignages de la terre. Si par contre les bénédictions sont réser­vées à la foi en la Divine Promesse, la simple descen­dance charnelle n'a pas de valeur; il faut descendre d'Abraham par la foi à la Promesse, c'est-à-dire une descendance spirituelle fondée sur la foi.

ISMAEL ET ISAAC

Sur quoi repose donc la grandeur d'Israël, selon les desseins divins ?

Pour le montrer, Dieu donne à Abraham deux fils. L'un, de son esclave Agar, qui naît d'une façon cou­rante et naturelle, et reçoit le nom d'Ismaël. L'autre que, contre tout espoir, lui enfante sa femme Sarah dans sa vieillesse, conformément à la promesse de Dieu, et qui est appelé Isaac.

Avec Isaac et avec sa descendance après lui, Dieu confirme le pacte conclu, avec Abraham. A Ismaël, le Seigneur octroie aussi une bénédiction purement maté­rielle, lui promettant de le faire chef d'un grand peuple. De cet Ismaël descendent les Arabes actuels, qui se sont opposés si âprement à l'entrée des juifs en Palestine. Comme Ismaël, le fils de l'esclave, se mo­quait d'Isaac et le persécutait, Abraham, sur l'instan­ce de Sarah sa femme et conformément à l'ordre de Dieu, dut le mettre à la porte de chez lui. (Voir la Genèse, ch. 21)

Que signifient ces deux fils d'Abraham, Ismaël et Isaac ? Saint Paul, le grand Apôtre des mystères de Dieu, nous explique qu'en Ismaël et Isaac sont pré­figurés deux peuples. (Saint Paul aux Galâtes, 4)

Ismaël qui naît le premier d'Abraham comme fruit naturel de son esclave Agar, figure la Synagogue des juifs, qui se fait gloire de venir de la chair d'Abra­ham. Isaac par contre, qui naît miraculeusement d'après la promesse divine, de la stérile Sarah, re­présente et figure l'Église, qui est née, comme Isaac, par la foi en la promesse du Christ.

Ce n'est donc pas la descendance charnelle d'Abra­ham qui sauve, mais son union spirituelle par la foi au Christ.

Le peuple juif, formé en Abraham. Ce n'est pas précisément par son union charnelle avec Abraham, mais en s'assimilant dans la foi, en croyant au Christ, qu'il pourra atteindre son salut.

Tous ceux qui s'unissent au Christ forment la descendance bienheureuse d'Abraham et des Patriar­ches, et sont l'objet des Divines Promesses. L'Église est Sarah rendue féconde par la vertu de Dieu. L'esprit vivifie, et la chair, au contraire, ne vaut rien, dira plus tard Jésus-Christ. (Saint Jean, 6)

Pourrait-il arriver que ce peuple, ou une partie de ce peuple, uni par des liens charnels à Abraham, croie que cette seule union généalogique soit celle qui justifie et qui sauve ?

Si. Cela pouvait arriver. Et c'est arrivé...

Et pour le préfigurer, commente l'Apôtre Saint Paul, Dieu fit en sorte "qu'Abraham eut deux fils, l'un de l'esclave et l'autre de la femme libre. Mais Celui de l'esclave naquit selon la chair ; au contraire, celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse ".

Tout cela fut dit par allégorie pour signifier que le simple fait d'une union charnelle à Abraham est re­présenté en Ismaël, le fils de l'esclave, et l'imitation d'Abraham par la foi en Jésus-Christ figure en Isaac, le fils de la Promesse.

Aussi faut-il distinguer entre les vrais israélites, parce qu'ils imitèrent sa foi en Dieu en croyant en Jésus-Christ -- ce sont ceux figurés par Isaac -- et les Israélites qui descendent d'Abraham par la chair sans imiter sa foi -- ce sont ceux préfigurés par Ismaël--.

Ismaël persécutait Isaac. Et saint Paul, le com­mentant, ajoute : "Mais comme alors l'enfant de la chair persécutait l'enfant de l'esprit, il en est encore ainsi maintenant ". (Gal 4,29)

Voilà qui exprime la nécessité théologique de ce qu'Ismaël persécute Isaac, que la Synagogue persécute l'Église, que les juifs qui ne sont unis à Abraham que par une union charnelle persécutent les chrétiens, qui sont, eux, les véritables Israélites, unis par la foi au Christ.

ESAÜ ET JACOB

C'est le même mystère que nous révèlent les deux fils que le Seigneur accorda au Patriarche Isaac : Ésaü et Jacob.

Reportons-nous au chapitre 25 de la Genèse :

21 - Isaac implora Yahvé pour sa femme, car elle était stérile : Yahvé l'exauça et sa femme Rébecca devînt enceinte.

22 - Or, les enfants se heurtaient en elle, et elle dit : "S'il en est ainsi, à quoi bon vivre ? Elle alla donc consulter Yahvé.

23 - qui lui répondit : "il y a deux nations en ton sein ; deux peuples, issus de toi, se sépareront, un peu­ple dominera l'autre, l'aîné servira le cadet ".

24 - Quand vint le temps de ses couches, voici qu'elle portait des jumeaux.

25 - Le premier sortit : il était roux et tout entier comme un manteau de poils : on l'appela Ésaü.

26 - Ensuite sortit son frère, et sa main, tenait le talon d'Ésaü : on l'appela Jacob.

Saint Paul, dans son Épître aux Romains, où il révèle le mystère du peuple juif, fait voir comment Ésaü, l'aîné selon la chair, c'est le peuple juif, uni à Abraham par les simples liens du sang, et Jacob, le frère cadet, c'est l'Église (formée de Juifs et de Gentils), qui, parce qu'elle est unie par la foi au Christ, est préférée à Ésaü. Et ainsi s'accomplissent les paro­les de l'Écriture : "J'ai plus aimé Jacob et j'ai détesté Ésaü ".

Et c'est ainsi que l'Église vainc la Synagogue, bien que la Synagogue, comme Ésaü, "maintienne vive sa haine et dise en son cœur : je tuerai mon frère Jacob ". (Gen 27 - 41)

Extrait de : Les Juifs dans le Mystère de l’histoire. Julio Meinville (1965)

elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Recherche

Liens